Le périmètre des carburatrices

dimanche 30 septembre 2012

Simplicité

Ce soir
Disent-elles
D'un commun accord
Nous nous habillerons
De la simple et pratique
Main
De nos petits copains
Sur nos culs
Elles flamboient
Semble-t-il
Et dans l'intervalle
Le mojito pourrait bien
Devenir une religion

Sur la plage

Alors que le soir
Rosit
Le disc-jockey
Lève les bras
Puis les referme
Par ce geste rassembleur
Il broie nos agitations
Ensuite il lève les yeux
Et soudain le ciel s'enflamme
Du coulis de nos inquiétudes
Dont il a barbouillé l'azur

samedi 29 septembre 2012

Respirer sans bouger

Nos peurs
Se débattent
Dans nos crânes
Et leur rythme
Est semblable
A la respiration épuisée
D'un papillon de nuit
Qui voudrait
Rejoindre l'aube
A travers une vitre

vendredi 28 septembre 2012

Oasis

Au milieu de la steppe
Hostile et aride
Sous la tonnelle
De ce qui s'apparente
À une hacienda
Ou une trappe à chasseurs
La voix de Michael Jackson
Dans "Man in the mirror"
Devient une oasis rassurante

jeudi 27 septembre 2012

Couvert et orageux

Des colonnes de nuages noirs
S'abattent sur l'île tropicale
A la manière de pilons de marbre
Et broient les consciences

Des êtres pris de spasmes
Errent au milieu de bouteilles
Piétinent des barquettes
Trempent leurs membres
Dans des sauces
Epaisses et gélatineuses

Encore en retrait
Des employés
Du gaz et de l'électricité
Redoutent déjà
L'heure où ils devront
Couper le courant

La vieillie hippie d'I.

La vieillie hippie d'I.
S'énerve
Ses lunettes de bois
Ne rentrent pas dans son étui
Ses doigts
Ne savent plus comment faire
Pour mener l'opération à son terme
Sa voix rabotée de chimie
Essaie de prendre l'ascendant sur le vent
Sud, sud-ouest
Etourdie de brumes
Ses yeux s'ankylosent
De ces troupeaux au ventre plat
Qu'elle et ses semblables
Ont laissé échapper
De leurs tuniques
De leurs rubans
Presque sortis d'un nuage de patchouli
La vieillie hippie d'I.
Ne sait plus
Comment se mettre à l'abri

Au milieu du désert

C'était une ville paresseuse
On y buvait beaucoup
On délaissait des parcelles
Rongées par les cactées indomptables

Les cités dépravées se distinguent
Par leur voirie lassive

Ce n'est pas un manque
D'organisation
D'infrastructures
C'est une fatigue
C'est une démission
Dans la prise en charge
Des suites de la fête

mercredi 26 septembre 2012

Rendez-vous

Faire des pieds et des mains
Pour décrocher un rendez-vous
Avec une fille à chignon
Et essayer des boissons à la menthe

Traces

Au milieu de la baie
Les jets-skis
Ronflent et grognent
Dans un bruit
De monstre marin
Tiré des profondeurs
A qui l'on ferait subir
Mille supplices
Sur la rive
Les egos restent attentifs
A ne pas faire couler
Des glaces à l'eau
Sur des seins compliqués

Marina

L'enseigne du restaurant rapide
Clignote sur le port
Elle nous rassure
Tandis que les braguettes des mini-shorts
Fendent la nuit
Bardées d'intentions multiples

mardi 25 septembre 2012

Éperdument

Sentir
À l'autre bout du monde
Partout
Son parfum
C'est peut-être ça
Devenir fou

Sieste

Le brouillard
S'enfonce dans la forêt
Comme une main lépreuse
Dans la tignasse
D'un géant assoupi

vendredi 21 septembre 2012

Apprivoisé

Elle caressait
Mes atomes
Dans le sens
Du poil

La piste au miel

La dame de la publicité
Pour barres énergétiques au miel
Est morte

On l'a crue endormie au fond de l'autocar
On n'entendra plus sa voix
Qui proposait à toutes et tous
De croquer la vie

L'établissement médico-social
Est agité
On déballe des barres chocolatées
Au riz soufflé
On tente de prolonger
La douceur obséquieuse
D'un slogan
On tente de ne pas oublier
La piste

mercredi 19 septembre 2012

Le milieu

Attendre
Le milieu du jour
Se réserver
Pour la pleine lumière
S'enfoncer
Dans la plus épaisse clarté
Comme on prend la mie
Comme on laisse la croûte

mardi 18 septembre 2012

Prendre la route

On a pris la route
On l'a bien agitée
On l'a fait tourner en l'air
On avait
Les nuages aux lèvres
Le soleil aux yeux
L'océan aux cheveux
On l'a lâchée
Elle s'est écrasée
En lisière de bois
On transpirait
On soufflait fort
Les mains sur les hanches
Et celui à la chemise rayée
A gueulé en direction des fourrés
"Et maintenant, connasse?"

dimanche 16 septembre 2012

Brouillard

Ce matin
Assez tôt
Sans réveiller le vent
Le ciel a éjaculé
Sur le paysage
Encore endormi
Il faudra bien un hiver
Pour qu'il réussisse
A se débarbouiller

Intentions

Nous avons eu
Un peu de peine
A parquer nos intentions
Il fallait manoeuvrer
Latéralement
Ce n'était pas évident
Puisqu'un horodateur
Venait créer
Une illusion d'optique
Nous avons craint
Durant l'opération
Mille frottements indésirables
Pourtant maintenant ça y est
Il ne reste plus
Qu'à verrouiller l'habitacle
Car il y a tant
De rôdeurs
Malintentionnés

vendredi 14 septembre 2012

Varech

J'ai les désirs
Emmêlés
Pire
Qu'un vieux filet de pêche
Je finirai brûlé
Sur un tas de varech
Léché par l'océan
Gourmand des larmes de ma carcasse

Caramels

Nous étions roux et nus
Nous sortions
De notre après-midi caramélisé

jeudi 13 septembre 2012

Pralinés

Il s'est penché sur le lit de celui qui allait mourir. Il a écouté ce qu'il voulait lui dire à toute force. Celui qui allait mourir se concentrait, alors que ses cellules s'éparpillaient comme une administration qui fuit devant l'ennemi dont elle entend les désirs mécaniques. Après avoir écouté trois phrases lépreuses, il a dit, près de l'oreille qui sentait l'ail et la pisse de celui qui allait mourir: "Tes phrases sont des barres de chocolat qui ont fondu lorsque tu t'échauffais avec tes gonzesses et tes voitures de sport. Elles ont repris leur consistance mais ça sable sur la langue et ça a un goût dégueulasse." Et il a changé d'oreille, il a pris l'autre qui ne sentait rien mais qui avait des croûtes, et il a ajouté: "Tu sais que je préfère les pralinés."

Nouvelles chenillettes

Tant et si bien que
A droite
Bel et bien
A gauche
Nous voici équipés
Des dernières chenillettes
Pour grimper sur les collines boueuses
Des pensées de peigne-cul

mercredi 12 septembre 2012

Location crépusculaire

Elle assiste à un monde
Qui s'effondre
Qui multiplie
Les requêtes inouïes
Pour louer un pied
A la journée
Jusqu'à ce soir au moins
Et descendre
Les poutres verticales
Récalcitrantes de pourriture

Au jus

Un vaisseau
A pété
Dans ma tête
J'ai des marins
Au jus
Plein le cerveau
Qui gueulent
Qui ont froid
Qui pour certains
Ne savent pas nager
J'essaie de les rassurer
En leur expliquant
Qu'une trépanation
Fait le même bruit
Qu'un hélicoptère
Au loin

mardi 11 septembre 2012

Le jour se lève ou pas

Il y a des matins
Qu'il faut aller
Chercher au fond des poches
Parmi les miettes de pains au chocolat
Qui n'existent plus
Au milieu d'un stylo
Qui a coulé
Qui a séché
Il y a des matins
Où il faut apprendre
A toute vitesse
La spéléologie

Les pilleurs

Les pilleurs
Se sont introduits chez nous
Ils ont progressé
Par la salle de bains
Ils ont fait les guignols
Avec nos eaux de toilettes
Ils ont emporté nos crèmes et nos gels
Ensuite dans la cuisine
Ils ont raflé les alcools
Ils ont laissé les vinaigres

Les pilleurs ont déclenché
Leurs appareils
Sur nos photographies
Sur celle en particulier
Où tu joues avec Lou
Sur cette plage
Et que vous essayez de retenir
Le soleil qui tombait dans l'océan
A grand renfort de jambes et de robes

En haut les pilleurs
Ont poussé les portes de nos chambres
Ils nous ont regardé
Ils ont pompé nos rires endormis
Il y aura sans doute
Quelque brocanteur
Pour les leur racheter
Et faire commerce de légèreté
Alors nous songeons
Devant nos repaires pillés
A d'impitoyables pugilats

jeudi 6 septembre 2012

Lueurs

Du marais sombre de l'humanité
Emergent des êtres
De vieux golfeurs
Aux dents blanches et éclatantes
Aux cuirs solarisés
Ils fendent l'air de leur club
C'est une agitation
Qui remplit les agendas
Qui donne
Un univers et une résonance
Aux flûtes et aux canapés

De bon matin

Il a sorti
Ses guili guili
Bien affûtés
Ses gouzi gouzi
Il s'est équipé
De sourires
Il a testé ses mines
Mains sur les genoux
Doigts qui font les asticots
Le voici
Armé jusqu'aux dents
Il part à la chasse
Aux secrétaires administratives

mercredi 5 septembre 2012

Restriction

La tristesse
Progresse dans nos vies
Comme un sanglier
Dans un champ de maïs
Cet hiver
Il faudra restreindre
Notre consommation
D'épis de joie mûre

Ivresses

Nos ivresses
Se livrent
Un pugilat
La première
A se retrouver
Epaules contre terre
Aura le droit
De reposer
Ses coudes
Pour éviter
De tout
Renverser

mardi 4 septembre 2012

Bar

Elle roulait ses yeux luisants
Elle les avait trempés
Comme des olives
Dans son apéritif
Il suffisait d'une étincelle
Pour que la conversation
Ne s'enflamme

lundi 3 septembre 2012

Retenir les monstres

Avaler le marquage central
De l'autoroute
Ne laisser passer personne
Retenir les monstres
Donner un peu d'avance
Aux nuages
Qui rampent sous l'horizon
Comme des chats sous des commodes
Leur permettre de fuir ce monde
Qui les course
Qui veut y enfoncer ses doigts
Qui porte
La bave aux lèvres

On ne sait pas très bien
Si c'est
Un gros rhume
La rage
Ou les stigmates de la déglingue
Alors
Avalons le marquage central
De l'autoroute
Comme un remède

samedi 1 septembre 2012

Les siestes grasses

Durant les siestes grasses
On perçait le ciel
De nos doigts gras potelés
Et ça ne pissait pas
Et ça ne daubait rien
Cependant
On sentait
Le vent piquant
D'une alternative

Adoptions

Regardez-les. Ils ont adoptés ces mots. Ces êtres difficiles et complexes. Qui s'ébattent dans les espaces verts des quartiers résidentiels. Ecoutez-les. Ils les prononcent avec une tendresse obèse et pataude. Bientôt, les adoptés demanderont d'où ils viennent, exactement. Là commencera le règne des systèmes d'alarme.

Son parfum

Son parfum
Le surprend
Et le cueille
C'est
L'odeur
Du fond
D'une boîte de nuit
De province
Alors qu'il s'est endormi
En bordure d'un champ

Son parfum
Lui donne la force
De reprendre
Le chemin de la mer

Danse

J'ai invité
Mon ombre
A danser
C'était bien
On se souriait
On chuchotait
Elle jetait
Par moment
La tête en arrière
C'était bien
Et après
J'ai essayé
De lui mettre
La main au cul
Et alors
C'était moins bien