Le périmètre des carburatrices

mercredi 17 septembre 2014

Il y a un saucisson

Il y a un saucisson. Il se trouve dans un placard. Au sec, au frais, à l'abri de la vermine. C'est un programme apaisant de faire de ce saucisson le but de sa journée. Après le soleil, la pluie et les éléments. Penser au saucisson durant les aventures du jour. Et puis rentrer. Et aller contempler le saucisson. Au calme. Il n'a pas bougé. Ou si peu. De toute façon, c'est invisible à l'oeil nu. Dans un intérieur de peu d'électricité, se réjouir du moment où on amènera le saucisson sur la table. On le découpera. Pas lentement mais tranquillement. Dans un halo de lumière minimal. Japperont au fond du domaine les bruits mélangés de la ville et de la faune qui descendent vers la nuit. Ensuite, on aura envie de penser à des choses peu compliquées qui amèneront une vision du monde plus vaste. Large comme la traversée d'une prairie verte et fraîche les pieds nus. Loin du verre pilé, des boîtes de conserve abandonnées et des restes de l'humanité. Enfin, après avoir placé une pomme à la place du saucisson, on ira se coucher. Au-dessus d'une obscurité métallique comme une langue sur un couteau.

mardi 2 septembre 2014

Petit rongeur

La joie
Est un petit rongeur
Qu'il faut poursuivre
De la cave
Au grenier
Et ramener
Près de soi
Puisque nous aimons
Que nos êtres
Se fassent
Grignoter

Viens

L'aube
Avançait vers lui
Elle semblait suivre
Un sentier invisible
A l'odeur
Comme un chien
Sorti
Des encens mordorés
D'un Fra Angelico
L'aube venait
Lui lécher les pieds
Elle semblait savoir
Qu'il se tenait
Toujours
Pieds nus
Dans ses sandales
Sur son banc

lundi 1 septembre 2014

Ebouriffés d'aube

Des êtres vivants
Jetés dans le matin
Ebouriffés d'aube

La nuit
A la manière
D'une grosse prostituée
Les a serrés
Dans ses bras sombres
Elle a laissé
Sur leurs cheveux
Des odeurs
De papouilles
Des parfums
De poitrine

Et puis
Elle les a envoyés
Affronter la lumière
Sans les recoiffer
La gorge sèche
Sans salive
Pour se redonner
Un peu d'allure