mercredi 28 février 2018

Au creux de ton épaule

Le vieux bateau
Parcouru de famines et de scorbut
Les voiles fatiguées
Le navire dont on ne se rappelait plus bien
Quel est son nom déjà
La coque sénile
Les morts l'avaient vu appareiller
Ils ne sont plus là
Personne ne regarde vers lui
Pas de mines séculaires sur la baie
Pour grogner quelque souvenir
La chose au large
Attend sagement
Elle sait qu'ici désormais
Des valses obséquieuses 
Commandent aux allées et venues
Et puis tu dis viens
Et puis il accoste au creux de ton épaule
Comme si cette baie
N'avait jamais cessé d'exister

Les vilenies

Le vent se lève
Et avec lui
Les vilenies
A qui il faudra
Tordre le cou
Avec qui il faudra
Se battre
Au corps à corps
Dans ces anciennes gesticulations
Qui aujourd'hui
Font peur
Tiennent à distance
Nos envies
De pistes et d'horizons
Le vent se lève
Il n'est plus temps
Déjà
De s'équiper
Viens voir
Le vent
Qui se lève

samedi 24 février 2018

Temps perdu

Attirons-le
Avec quelques promesses
Mettons-lui une cagoule
Ligotons-le
Et allons perdre notre temps
Par les rues
Allons lui faire écouter
Le chant des caniveaux
Les histoires impossibles
Les alcools qui radotent
Les rêves frippés
Allons perdre notre temps
Tout au fond de nos vies
Et faisons en sorte
Qu'il ne retrouve jamais
Son chemin

La rentrée

L'aube
Le moment de toutes les morsures
Celles de la nuit
Qui s'en va
Qui claudique
Celles du jour
Qui arrive
Avec appétit
A foulées légères
L'aube
Quand ton parfum
Rentre chez lui