mardi 27 novembre 2018

Bonimenteur

Ce matin
Est un squelette
Tenu par quelques fils
Animé par un vieil oiseleur

Ce matin
Est une petite farce
Sans chair et sans costume

Ce matin
Est un être au travers duquel
Tu peux glisser ta main
Et l'agiter à la recherche
D'un coeur qui n'existe pas

Ce matin
Est un bonimenteur
Qui t'invite
A le traverser
A poursuivre
Des souffles
Qu'il n'a pas su
Ravir à la vie

Un chemin à terre

Le ciel est tombé
Sur ce chemin

Alors lui
Il s'est serré
Très prêt
Tout contre
La forêt

Rien n'y a fait
Le ciel lui est tombé
Dessus

Ce chemin
Maintenant
De feuilles
Et de boue
Qui promettait
Dans une saison
De danse et de lumière
Qui promettait
Un sommet de colline
Recouvert
De ballerines
Et de pieds nus
De désirs portés
En cavalcades
Avec de l'élan
En suffisance
Pour déferler
Par delà les buttes savoureuses
En vagues capricieuses

Seulement
Voilà
Le ciel a rabattu
Ses grosses mains mouillées
Il lui a écrasé le râble
Tout au plus relève-t-il
La tête là-bas
Au sortir de l'orée

Quelques chasseurs
Ont raconté
Avoir entendu
Siffler
Avoir entendu
La musique
D'un râle
En habits de fugitif

Partez
Dispersez-vous
Les ballerines
Les pieds nus
Ne réapparaîtront plus
Partez
Dispersez-vous
N'accablez pas davantage
Un chemin à terre

dimanche 11 novembre 2018

Une paire de mains

Tiens
Voici mes mains
Fais-en
Ce qui te chante
Tu sauras bien mieux
Les utiliser
Les amadouer
Leur parler
Que moi
Vieux sourd
Qui n'arrive plus
A écouter
Ce qu'elles me disent
Et qui n'ai plus la patience
De déchiffrer leurs lignes
Qui filent
En ritournelles
Me laissant
A bout de souffle