En robe de chambre
De soie
Poursuivre
Des pigeons
Au sol
Et reprendre
Confiance
Dans son potentiel
Footballistique
C'est un projet doux
Comme un gant
En cuir de veau
Et puis
La porte
De la discothèque
S'est ouverte
Une langue de lumière
Est venue
Lécher
Le comptoir
Les verres
Et là
On s'est aperçu
Que rien
N'était net
Elle n'a pas su
Elle ne l'a pas entendu
Personne ne le lui a dit
Elle n'était pas au courant
Il est mort
Comme une feuille
Emportée par le vent
Avant de toucher le sol
Même pas la décence
D'être broyé
Par le râteau et la pelle
D'un cantonnier
Ce n'était pas en silence
Mais vu le peu d'attention
Que l'espèce porte
Aux petits bruits
C'était presque en silence
Elle n'a pas su
Elle ne l'a pas entendu
Il est mort
Comment retrouver
Qui que ce soit
Dans l'humus
Dans la pourriture
Dans les tas
Dans les bottes
Dans les monceaux
Personne ne le lui a dit
Elle n'était pas au courant
Nous étions
Des colibacilles
Nous nous enfoncions
Très profondément
Dans les entrailles de la nuit
Et nous réussissions
Avec persévérance
A la faire
Se plier en deux Et se tordre de douleurs
Avec la ferraille
Des pièges à loup
Que tu places
Dans notre lit
Je te sculpterai
Des boucles
D'oreille
Et s'il reste
Un peu d'acier
Je te construirai
Un appareil dentaire
Elle a estimé
Qu'il fallait
Se retourner
Elle a choisi
De poser
Les yeux
Sur lui
Comme on rajuste
Une compresse souillée
Sur une entaille boursouflée
Ce regain
Avait l'amertume
D'un reflux gastrique
A empoisonner
Les plates-bandes
A espérer
Une expectoration
A attendre
Comme la fin
D'un tourment
La pluie dans le caniveau
Pour emmener loin
Cette bile rance
Elle est revenue
Dans sa vie
Pour casser
Les deux vases
Et arracher
Les pétales
Des tulipes
Qu'il avait
Sortis
Prématurément
Et placés sur la cheminée
Après l'incendie
Elle est revenue
Dans sa vie
Juste après les pompiers
Pour agiter la suie
Et se faire
Des sabots de cendres
José a mis des pantalons propres
Il a accroché à sa ceinture
Son poignard d'ivoire et de lumière
José s'est parfumé
José s'est préparé à sortir
Il a pénétré le crépuscule
Sombre et encore chaud
José était bien décidé
A éventrer l'imprévisible
D'une lame sèche
Et observer
Quelles directions
Prendraient boyaux et intestins
Répandus sur le sol tiède
De cette ville agitée
Nos pas dans l'obscurité
Ces flèches
Pénétraient la nuit
Avec la profondeur
De puits de lumière
Nos pas dans l'obscurité
S'enfonçaient
Sur le chemin de nos désirs
Il a trouvé ce bar
Comme un marin
Pêche un loup
A la ligne
Solitaire
A force de peine
Alors qu'il n'attendait
Plus rien ni personne
Dans le silence de la haute mer
Il a trouvé ce bar
Il a échoué
A bonne latitude
Pour se noyer