L'aurore a vomi
A voir la journée
Qui nous attend
Précipitons-nous
Vers l'horizon
Avec nos gants
De toilette
Débarbouillée
La lumière
Restera peut-être
Claire jusqu'au soir
07 juin 2013
Apparition à Volketswil
Elle est apparue
A Volketswil
Parmi les signaux
Lumineux et propres
Sa crasse
Claquait haut dans le matin
Elle est apparue
Au milieu des carreaux
Et des tissus perspirants
C'était l'acné
De Volketswil
Nous l'attendions
Avec nos petits doigts
Agiles
Et nos lotions abrasives
05 juin 2013
Bouffeurs de nuit
On a mal tiré
Sur la nuit
On a visé
Comme des saligauds
Après quelques battements d'aile
Elle s'est effondrée
Dans les fourrés de l'horizon
Impossible
Pour nos crétins de clébards
De la débusquer
De savoir par où
Elle avait fui
Aujourd'hui
Alors
Nos assiettes
Seront remplies
D'aurore et de lumière
Il faudra s'en contenter
Nos visages
Sombres et rances
Tirent déjà la gueule
Sur la nuit
On a visé
Comme des saligauds
Après quelques battements d'aile
Elle s'est effondrée
Dans les fourrés de l'horizon
Impossible
Pour nos crétins de clébards
De la débusquer
De savoir par où
Elle avait fui
Aujourd'hui
Alors
Nos assiettes
Seront remplies
D'aurore et de lumière
Il faudra s'en contenter
Nos visages
Sombres et rances
Tirent déjà la gueule
Les jours de calme
Il a glissé
Dans l'escalier
Qui menait à la cave
Il a glissé
Et il est mort
Alors qu'il s'apprêtait
A remonter
Deux ou trois
Petits sacs de joie
Qu'il avait entassé là
Pour les jours acides
Dans l'escalier
Qui menait à la cave
Il a glissé
Et il est mort
Alors qu'il s'apprêtait
A remonter
Deux ou trois
Petits sacs de joie
Qu'il avait entassé là
Pour les jours acides
04 juin 2013
Flottement
Te voici dans l'existence
Comme le poil de queue
D'un naturiste
Dans le vent d'ouest
Tu cherches la mer
A contre-courant
Enfin il faut bien
S'occuper un peu
Pendant que sous l'eau
Parmi les baudroies et les méduses
On déploie
Des stratégies nucléaires
Comme le poil de queue
D'un naturiste
Dans le vent d'ouest
Tu cherches la mer
A contre-courant
Enfin il faut bien
S'occuper un peu
Pendant que sous l'eau
Parmi les baudroies et les méduses
On déploie
Des stratégies nucléaires
Nos caresses
Nos caresses
Aimaient
Mentir
Enfin plus exactement
Raconter n'importe quoi
Faire croire à des expériences
D'épices et de voyages
Alors qu'il s'agissait
Surtout
De sortir les poubelles
Et le faire correctement
C'était déjà
Bien, beaucoup et intense
Aimaient
Mentir
Enfin plus exactement
Raconter n'importe quoi
Faire croire à des expériences
D'épices et de voyages
Alors qu'il s'agissait
Surtout
De sortir les poubelles
Et le faire correctement
C'était déjà
Bien, beaucoup et intense
Le matin et l'allumeuse
Le matin
Ne fait plus
Aucun effort
Il se balade
En parka
Bleu marine
Et toi
Petite allumeuse
Tu sors
Flambant neuve
D'une nuit
Electrique
Que tu as
Lacérée
De tes ardeurs
Ne fait plus
Aucun effort
Il se balade
En parka
Bleu marine
Et toi
Petite allumeuse
Tu sors
Flambant neuve
D'une nuit
Electrique
Que tu as
Lacérée
De tes ardeurs
19 mai 2013
Désherbants
Seras-tu
Capable
De dresser
La mousse
Touffue
De l'amour
Que j'ai pour toi
Dans cette saison
Si sèche
Et abandonnée
Aux désherbants
Capable
De dresser
La mousse
Touffue
De l'amour
Que j'ai pour toi
Dans cette saison
Si sèche
Et abandonnée
Aux désherbants
Vies parallèles
C'est bon
De se balancer
Des fruits pourris
Hurler
Pisser au vent
Bien au frais
Sur les rives
De nos vies
Parallèles
De se balancer
Des fruits pourris
Hurler
Pisser au vent
Bien au frais
Sur les rives
De nos vies
Parallèles
Des êtres
Des êtres
Se déploient
Et claquent dans l'air
On dirait
Des coups de trique
Leurs gestes fébriles
Définissent
Ce que tout ça
Est devenu
Tranquillement
Comme on saccage
Une fourmillière
Se déploient
Et claquent dans l'air
On dirait
Des coups de trique
Leurs gestes fébriles
Définissent
Ce que tout ça
Est devenu
Tranquillement
Comme on saccage
Une fourmillière
24 avril 2013
Voyages
Partir à la recherche
De ces saveurs
Oubliées
Enfin pas tout à fait
Partir
Récupérer le goût
Partir
Dire à tous les coins de la Terre
Notre soif et notre désir
Partir éprouver nos carapaces
Comme on étire un après-midi
A l'ombre d'un palais de Téhéran
Partir avec toi
Et apprendre
Et s'émerveiller
De ton âme et de ton corps
Qui se déploient
Dans l'air et dans la vie
De ces saveurs
Oubliées
Enfin pas tout à fait
Partir
Récupérer le goût
Partir
Dire à tous les coins de la Terre
Notre soif et notre désir
Partir éprouver nos carapaces
Comme on étire un après-midi
A l'ombre d'un palais de Téhéran
Partir avec toi
Et apprendre
Et s'émerveiller
De ton âme et de ton corps
Qui se déploient
Dans l'air et dans la vie
Vieux rappeur
Chercher
Notre sexe
Immense
Doré
Et trompeur
Au milieu
De notre immonde
Survêtement
Et lorsque
Nous l'aurons trouvé
Ah ah ah
Nous mènerons
Notre monde
A la baguette
Notre sexe
Immense
Doré
Et trompeur
Au milieu
De notre immonde
Survêtement
Et lorsque
Nous l'aurons trouvé
Ah ah ah
Nous mènerons
Notre monde
A la baguette
La mort du vent
Le vent
Se faufile
Dans la maison
Il crie
Petit mammifère
Il hurle
Il vient se réfugier
Les sons
De celui à qui
On a serré les viscères
On a tailladé une patte
On a fendu une oreille
Il a perdu son souffle
Il se faufile
Il vient mourir
Au pied du lit
Se faufile
Dans la maison
Il crie
Petit mammifère
Il hurle
Il vient se réfugier
Les sons
De celui à qui
On a serré les viscères
On a tailladé une patte
On a fendu une oreille
Il a perdu son souffle
Il se faufile
Il vient mourir
Au pied du lit
La pluie toute nue
Le matin
Volait
De toit en toit
Comme une hirondelle
Rapiécée
Les résidences
Préparaient les soupes
La ville se pliait
Aux formules de politesse
Presque sans effort
Dans ce vide
Et de je ne sais où
Ce petit air
Ces notes
Notre mélodie
Des jours
Où la pluie
A nouveau
Venait à nous
Toute nue
Volait
De toit en toit
Comme une hirondelle
Rapiécée
Les résidences
Préparaient les soupes
La ville se pliait
Aux formules de politesse
Presque sans effort
Dans ce vide
Et de je ne sais où
Ce petit air
Ces notes
Notre mélodie
Des jours
Où la pluie
A nouveau
Venait à nous
Toute nue
16 avril 2013
En jumbo jets
Ce matin
Nos désirs
Voyagent
En jumbo jets
Et frottent
Leur panse métallique
Aux nuages
Mousseux et pétillants
Que tu avais
Copieusement
Fouettés
Nos désirs
Voyagent
En jumbo jets
Et frottent
Leur panse métallique
Aux nuages
Mousseux et pétillants
Que tu avais
Copieusement
Fouettés
Cerises
Elle se baladait
Dans nos coeurs
Ces pays sans arbres fruitiers
Elle se promenait
La robe
Relevée et chargée
De cerises
Nous mettions
Nos mains à couper
Puisque c'est tout
Ce dont nous disposions
Qu'elle ne portait
Rien
En dessous
Dans nos coeurs
Ces pays sans arbres fruitiers
Elle se promenait
La robe
Relevée et chargée
De cerises
Nous mettions
Nos mains à couper
Puisque c'est tout
Ce dont nous disposions
Qu'elle ne portait
Rien
En dessous
11 avril 2013
Dans la nuit
Sa démarche
Dans la nuit
Longue et libre
Une herbe
Qui danse
Avec les embruns
Et soudain
Nous récupérons
Le goût
Dans la nuit
Longue et libre
Une herbe
Qui danse
Avec les embruns
Et soudain
Nous récupérons
Le goût
07 avril 2013
Dans la pénombre
Mettons un pied
Dans la pénombre
Et frissonnons
Au contact
De cette vase collante
Qu'est le parfum
D'une nuit confisquée
Dans la pénombre
Et frissonnons
Au contact
De cette vase collante
Qu'est le parfum
D'une nuit confisquée
06 avril 2013
Sa colère
Sa colère
Affûtée
Comme des tessons
Jonchait
En copeaux de fête
La salle de bal
Les chevaliers
Les princes
Les ducs
Et les marquis
Toute la clique aveuglante
L'avait écartelée
Dans le silence crépu
Des tourne-disques
Sa rage
Et sa fureur
Cherchaient
A se reconstituer
En section d'assaut
A retrouver ce corps
Dont elles étaient les bras
Pour frapper des mains
A tout rompre
Affûtée
Comme des tessons
Jonchait
En copeaux de fête
La salle de bal
Les chevaliers
Les princes
Les ducs
Et les marquis
Toute la clique aveuglante
L'avait écartelée
Dans le silence crépu
Des tourne-disques
Sa rage
Et sa fureur
Cherchaient
A se reconstituer
En section d'assaut
A retrouver ce corps
Dont elles étaient les bras
Pour frapper des mains
A tout rompre
03 avril 2013
Vestiaire
Il attendait
De la vie
Qu'elle lui apprenne
A danser
Avec des carcasses charnues
De bétail paisible
De faune fourbe
Cependant
Elle ne donnait plus
Depuis son grand chagrin d'amour
De telles leçons
Qu'importe
Il attendra
Au vestiaire
Il patientera
Jusqu'à la fin
Du premier mouvement
Il attendra
Que l'air s'arrête
Pour tenter sa chance
Pour formuler
Une invitation
De la vie
Qu'elle lui apprenne
A danser
Avec des carcasses charnues
De bétail paisible
De faune fourbe
Cependant
Elle ne donnait plus
Depuis son grand chagrin d'amour
De telles leçons
Qu'importe
Il attendra
Au vestiaire
Il patientera
Jusqu'à la fin
Du premier mouvement
Il attendra
Que l'air s'arrête
Pour tenter sa chance
Pour formuler
Une invitation
Le cuir à même la peau
Le matin
S'avance
Comme un solo
De guitare électrique
A la fin d'un concert
Chargé en petites culottes
Le matin fait le fier
La nuit
Ce taureau noir
Recule devant le matador
Qui porte le cuir
A même la peau
Gangrène
Réussiras-tu
A fourrer ta langue
Au fond de la nuit
Comme nos doigts
Au bout de nos gants
Lorsque l'hiver
Se décidera
A tronçonner
Ses bras
Rongés de gangrène
A fourrer ta langue
Au fond de la nuit
Comme nos doigts
Au bout de nos gants
Lorsque l'hiver
Se décidera
A tronçonner
Ses bras
Rongés de gangrène
Son rire
Je ne me souviens plus
De son rire
Il s'enfuit
Par des chemins
De terre
De poussière
Et de boue
Comment
Sautillait-il déjà
C'est bien
Tu te rappelles
Au moins du rythme
Son rire
Ce souriceau
Qui a appris
Trop tôt
A échapper aux rapaces
De son rire
Il s'enfuit
Par des chemins
De terre
De poussière
Et de boue
Comment
Sautillait-il déjà
C'est bien
Tu te rappelles
Au moins du rythme
Son rire
Ce souriceau
Qui a appris
Trop tôt
A échapper aux rapaces
28 mars 2013
Halète
Comme un animal surexcité
Rentre dans sa vie
Ronge les bas des meubles
Tire sur les nappes
Pisse sur les rideaux
Lacère les placets
Imagine des proies invisibles
Qui te font cavaler
D'un étage à l'autre
Ensuite de ça
Au milieu de la dévastation
Qui tombe en flocons
Comme un animal surexcité
Reste
Halète
Et montre ta langue rose et râpeuse
Rentre dans sa vie
Ronge les bas des meubles
Tire sur les nappes
Pisse sur les rideaux
Lacère les placets
Imagine des proies invisibles
Qui te font cavaler
D'un étage à l'autre
Ensuite de ça
Au milieu de la dévastation
Qui tombe en flocons
Comme un animal surexcité
Reste
Halète
Et montre ta langue rose et râpeuse
24 mars 2013
20 mars 2013
Avant l'aube
La nuit
Avance
Elle traîne la patte
On dirait
Qu'elle est blessée
Je crois
Que le brouillard
Réussira
A l'avaler
Toute crue
Avant l'aube
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