01 octobre 2026

Fixer un coin de bâtisse

La vie avait fui
Par le bas-côté
Tandis qu'il attendait
Et fixait ce coin de bâtisse

L'espoir de voir surgir
Ce que le temps autrefois
Avait confisqué
Dans un grand sac sans bruit

Des badauds parfois
S'arrêtaient et tentaient
De se joindre à l'attente
Quelques jours suffisaient
À élimer leurs âmes 
Peu préparées
À la morsure du vide

Attendre les morceaux
De passé régurgité
Ce n'est pas rien
Ce n'est pas léger
Ce n'est pas divertissant
Ce n'est pas fait
Pour les âmes
De petits sentiers secs
En socquettes et sandalettes

Il fixait ce coin de bâtisse
La vie
Étanche à rien
Fuyait

De l'arrière du coin
Ne surgissaient
Que des rongeurs
Poursuivis
Par ce qui s'apparentait
À des chats
Il ne voyait plus bien
Puisque ses yeux 
Se réfugiaient en lui
Et se retournaient 
Dans les draps froissés
De sa tristesse

Oui on croirait des chats
À la poursuite de rongeurs
Peut-être qu'il ne s'agit
Que de traits de poussière
Excités par le vent

Qu'importe
Tout ce qui avait été confisqué
Se ferait encore attendre
Jusqu'à ce que lui-même
S'effondre dans le bas-côté

Oui
Attendre les morceaux
De passé régurgité
Ce n'est pas rien
Ce n'est pas léger
Ce n'est pas divertissant
Ce n'est pas fait
Pour les âmes
De petits sentiers secs
En socquettes et sandalettes