La vie avait fui
Par le bas-côté
Tandis qu'il attendait
Et fixait ce coin de bâtisse
L'espoir de voir surgir
Ce que le temps autrefois
Avait confisqué
Dans un grand sac sans bruit
Des badauds parfois
S'arrêtaient et tentaient
De se joindre à l'attente
Quelques jours suffisaient
À élimer leurs âmes
Peu préparées
À la morsure du vide
Attendre les morceaux
De passé régurgité
Ce n'est pas rien
Ce n'est pas léger
Ce n'est pas divertissant
Ce n'est pas fait
Pour les âmes
De petits sentiers secs
En socquettes et sandalettes
Il fixait ce coin de bâtisse
La vie
Étanche à rien
Fuyait
De l'arrière du coin
Ne surgissaient
Que des rongeurs
Poursuivis
Par ce qui s'apparentait
À des chats
Il ne voyait plus bien
Puisque ses yeux
Se réfugiaient en lui
Et se retournaient
Dans les draps froissés
De sa tristesse
Oui on croirait des chats
À la poursuite de rongeurs
Peut-être qu'il ne s'agit
Que de traits de poussière
Excités par le vent
Qu'importe
Tout ce qui avait été confisqué
Se ferait encore attendre
Jusqu'à ce que lui-même
S'effondre dans le bas-côté
Oui
Attendre les morceaux
De passé régurgité
Ce n'est pas rien
Ce n'est pas léger
Ce n'est pas divertissant
Ce n'est pas fait
Pour les âmes
De petits sentiers secs
En socquettes et sandalettes