La lumière
Se répandait
Comme ton parfum
Et je jouais à être le jour
Et tu jouais à être la nuit
Et nous étions aveugles
Seules comptaient
Les possibles caresses
Déployées dans nos désirs
Avec la fragilité
D'un bateau dans une bouteille
L'ombre portée
Du gravier
C'est mon effort
Pour te retenir
Mais tu es
En chaussures
De sport
Et rien
Ne t'aimantes
Au bitume
Je ne rattrape
Que des salissures
Que des vomissures
Et parfois
Des chaussures
Vides
Jamais
De matière vivante
L'ombre a gagné
Des parts
Sur la lumière
On a assisté
A ça
On était ceux
Qui ne comprennent
Rien aux jeux de cartes
Mais qui aiment
Les moquettes
Profondes et vulgaires
Des casinos
L'aube
Est un vieil alcoolique
Rose et rouge
Aux haleines
D'ombres macérées
En fin de nuit
Elle a cette dignité
De ne pas vomir
A nos pieds
Et de disparaître
On ne sait trop où
Parce qu'au fond
On ne veut pas chercher
Avant midi
Quand tu ne montres pas
Tes dents blanches
Tout va mieux
Le monde
S'apaise un peu
Quand tu ne souris pas
Tout est plus calme
L'équilibre
Revient peu à peu
Quand tu n'expliques pas
Tes projets
L'air pétille
Le vent fait des bulles
C'est bien
Quand le contemporain
Se tient tranquille
Quand il la ferme
C'est un éclat de lumière sèche
Sur des pourritures humides
On dirait
Comme un dimanche Les enfants jouent
Avec le chien
Sans muselière
Dehors tandis que dedans
On dirait aussi
Comme un dimanche
A caresser
Le top dix
Des tendances
On dirait
Définitivement
Comme un dimanche Avec ses petites pauses
Entre deux vomissements
Ils jouaient
A la pause-café
En agitant
Leurs épais et gros
Gants blancs
Ils cherchaient
A modeler l'air
De leurs pattes dodues
Ils vouaient l'entier
De leurs excitations
A muscler
Leurs phalanges
Puisqu'il leur faudrait
Dresser des voies rapides
Piquetées de lampadaires
Sur Osiris
Ce ne sera pas évident
En orbite
Autour de HD 209458
Avec leurs vieilles mains
De 154 années-lumière
De farfouiller correctement
Avec les bons gestes
Dans la constellation
De Pégase
Et puis surtout
Il restait la question
Opiniâtre et lancinante
Du bisou
Géant et gazeux
Rentrer du bois
Sortir du plastique
Crépir nos intérieurs
A grandes giclées
De feu
C'est une intention Qui vaut celle
De broyer
Quelques châtaignes
En vermicelles
On entendait
Sous nos pieds
Les taupes palpiter
Tandis que les rayons
Du crépuscule
Descendait
Sur les places
De travail
Informatisées
On entendait
Sous nos pieds
La terre fendue
Par le milieu
Se convulser
Tandis que
Des courriers électroniques
Je répète
Des courriers électroniques
Traversait les océans
On balbutiait
C'était un bruit
C'était un remplissage
C'était une mélodie
Chaude
On a eu du poulet
Avec du citron dedans
Et voyez
Comme le monde
S'emballe
Au milieu du repas
Il nous sembla
Vivement
Qu'il avait fallu
Davantage de temps
Au citron
Pour parvenir
A maturité
Qu'au poulet
Derrière leur comptoir
Elles ressemblaient
A des morceaux d'astres
Eclatés et venus
Du fin fond de l'espace
D'une explosion lointaine
D'une fête ancienne
Elles luisaient d'un éclat fané
Je me lançai
A la poursuite de nos désirs
En chemin Tu m'as tendu
Un croque-en jambe
Je me suis étendu
Au bout des parfums
De la ville
Pendant que je ramais
A la surface d'une flaque
Je m'aperçus
Que la cité
Avait été prise
Par un autre
Un seigneur
Un prince
Un Monsieur
Un de ceux-là
Gonflé
De tulle et de métal
Tandis que nos désirs
Se faisaient péter le foie
A la taverne
Elle courait
Dos nu
Escarpins à la main
C'était notre manière
A nous
Planqués
Derrière un buisson de flacons
D'appâter la nuit
Une fois dans nos filets
Nous pourrons
Sans doute
En tirer
Quelques escalopes
Pour subsister
Dans le jour
Sous la canicule
Il plantait son nez
Dans les étoiles
Comme on vautre
Ses manches
Sur un comptoir
Maculé de miettes
Les soirs de houle
Une fois debout
Il en transportera
Quelques-unes
Dans les coins obscurs
De sa vie