Retiens-toi au jour
Ce n'est pas que
La nuit se dérobe
Sous tes pieds
C'est que
La ville est visqueuse
Certains n'ont pas réussi
A garder leurs entrailles
Au fond de leurs joies
06 juin 2016
Pacotille
Mal équipé
Dans la précipitation
J'avais oublié
Piolets et mousquetons
Dans ma remise
Celle des ascensions
Ratées et estropiées
Mal équipé
Parti
Le poitrail
Saisi des vigueurs de l'aube
J'ai tenté
De passer
De la base de ton cou
Au sommet de ta nuque
Et je me suis fait emporter
Dans l'avalanche de tes cheveux
Estourbi dans ta chute de reins
Comme un aventurier
De pacotille
Qu'aucun hélicoptère
Ne remarquera
Tellement inanimé
Dans la précipitation
J'avais oublié
Piolets et mousquetons
Dans ma remise
Celle des ascensions
Ratées et estropiées
Mal équipé
Parti
Le poitrail
Saisi des vigueurs de l'aube
J'ai tenté
De passer
De la base de ton cou
Au sommet de ta nuque
Et je me suis fait emporter
Dans l'avalanche de tes cheveux
Estourbi dans ta chute de reins
Comme un aventurier
De pacotille
Qu'aucun hélicoptère
Ne remarquera
Tellement inanimé
Wombats
Il a souhaité
Entamer l'été
Alors que d'autres
Saisissent un couteau
Affûtent des lames
Il a souhaité
Entamer l'été
A dos de libellule
En dresseur de wombats
Il a souhaité
Aligner la lumière
En petits wagons
Son désir d'horizon
Comme seule
Locomotive
04 mai 2016
Vague
Comme une vague
Venue du fond de l'horizon
Pour noyer nos matins
Salis de désirs
A qui on a ouvert le ventre
Comme l'océan
Venu faire la loi
Lancé en campagne hostile
A l'assaut de la terre
Encore assoupie
Venue du fond de l'horizon
Pour noyer nos matins
Salis de désirs
A qui on a ouvert le ventre
Comme l'océan
Venu faire la loi
Lancé en campagne hostile
A l'assaut de la terre
Encore assoupie
15 avril 2016
Reliques
Regarde
On voit
Ton sécateur
Qui luit dans le sombre
J'attends l'aube
Je me prépare
J'irai cueillir le jour
Et je lui arracherai
Un à un ses pétales
Et après
Et après je laisserai
Tout en plan
Comme
Un festin sec
De prédateur
Comme
Les reliques
D'une sauvagerie
Regarde
On voit
Ton sécateur
Qui luit dans le sombre
Range un peu ça
Ne te donne pas
En spectacle
Ne sous-estime pas
La lumière
Et ses ruses
On voit
Ton sécateur
Qui luit dans le sombre
J'attends l'aube
Je me prépare
J'irai cueillir le jour
Et je lui arracherai
Un à un ses pétales
Et après
Et après je laisserai
Tout en plan
Comme
Un festin sec
De prédateur
Comme
Les reliques
D'une sauvagerie
Regarde
On voit
Ton sécateur
Qui luit dans le sombre
Range un peu ça
Ne te donne pas
En spectacle
Ne sous-estime pas
La lumière
Et ses ruses
11 avril 2016
Livrée
Le livreur
De vins fins
Est venu
Amener
Sa tristesse
En petits cageots
Devant la porte
De bois rouge
Importé d'une île
Lointaine et défigurée
Celle qui tirait
Des bières
S'est arrêtée
De tirer des bières
Ils ont parlé
De ses kystes
Qui lui donnaient l'air
D'un vieux crocodile
Le livreur
De vins fins
A eu droit
Ensuite
A un peu de blanc
Servi dans un verre trapu
Qui ressemblait à sa démarche
De souriceau obèse
Celle qui tirait des bières
S'est remise
A tirer des bières
Le livreur
De vins fins
S'est mis
A parler un peu tout seul
"On y va", lançait-il
A des chevaux
Invisibles et miniatures
Sur le comptoir
"Bon", ajoutait-il
Comme un ancien dresseur
De chiens
Puisque les voix
Dans les hauts-parleurs
Ne lui répondaient pas
Il a traversé
Dans l'autre sens
La porte de bois rouge
Importé d'une île
Lointaine et défigurée
Il a laissé ses petits cageots
De tristesse
Il reviendra demain
Il les chargera dès l'aube
Il sait qu'il n'en a pas l'utilité
Puisque la nuit a promis
De lui masser l'épiderme
Celle qui tirait des bières
A pris soin
D'ailleurs
De les mettre de côté
Afin que personne
Ne trébuche
De vins fins
Est venu
Amener
Sa tristesse
En petits cageots
Devant la porte
De bois rouge
Importé d'une île
Lointaine et défigurée
Celle qui tirait
Des bières
S'est arrêtée
De tirer des bières
Ils ont parlé
De ses kystes
Qui lui donnaient l'air
D'un vieux crocodile
Le livreur
De vins fins
A eu droit
Ensuite
A un peu de blanc
Servi dans un verre trapu
Qui ressemblait à sa démarche
De souriceau obèse
Celle qui tirait des bières
S'est remise
A tirer des bières
Le livreur
De vins fins
S'est mis
A parler un peu tout seul
"On y va", lançait-il
A des chevaux
Invisibles et miniatures
Sur le comptoir
"Bon", ajoutait-il
Comme un ancien dresseur
De chiens
Puisque les voix
Dans les hauts-parleurs
Ne lui répondaient pas
Il a traversé
Dans l'autre sens
La porte de bois rouge
Importé d'une île
Lointaine et défigurée
Il a laissé ses petits cageots
De tristesse
Il reviendra demain
Il les chargera dès l'aube
Il sait qu'il n'en a pas l'utilité
Puisque la nuit a promis
De lui masser l'épiderme
Celle qui tirait des bières
A pris soin
D'ailleurs
De les mettre de côté
Afin que personne
Ne trébuche
04 avril 2016
A bout portant
Tirer à bout portant
Dans les genoux de l'après-midi
Regarder l'ennui
Couler, s'étaler
Comme un dégazage
Et trouver une place
A bord d'une fourgonnette
Où les soupirs sont
Serrés et patibulaires
De vrais soldats de régime sanguinaire
Croire
Après avoir soumis
Les dernières heures du jour
Qu'on peut partir
Maintenant à l'assaut
De la nuit
De ses citadelles excitantes
Croire qu'elle nous laissera
Même approcher
Respirons encore
Car nous n'entendrons pas
L'obscurité
Ses grands mouchoirs
Serrés dans ses grosses mains
Nous ne l'entendrons
Même pas
Nous étouffer
20 mars 2016
Papillons rôtis
Regarde-les s'éparpiller dans la nuit, regarde-les se déconcentrer au contact du vent. Nous allons au devant de beaucoup de tristesse en multipliant nos gestes pour extraire les papillons du ventre du crépuscule. A s'obstiner à les faire rôtir. Ensuite. L'obscurité ne se cabrera pas avec délicatesse, elle ne soupirera pas avec profondeur sous nos papouilles. Il y aura des cloques. Plutôt. Irrégulières et gorgées. Lorsque les après-midi de pluie ne chantent plus sous nos caresses, il y a quelque chose de brisé. Au sens du vent.
04 mars 2016
L'aube suivante
Ce matin
Le jour
Est un chien mouillé
Tu hésites à le faire rentrer
Tu sais que nous serons
Hypnotisés par son odeur
Tu sais qu'à peine rentré
Il se précipitera sur nous
Tu sais que
Nous nous laisserons attendrir
Nous nous lancerons à l'assaut
De cette féroce humidité
Tu sais que ce sera
Lumineux
Pourtant
Tu préfères
Attendre la nuit
Et plier des linges
Jusqu'à l'aube suivante
Le jour
Est un chien mouillé
Tu hésites à le faire rentrer
Tu sais que nous serons
Hypnotisés par son odeur
Tu sais qu'à peine rentré
Il se précipitera sur nous
Tu sais que
Nous nous laisserons attendrir
Nous nous lancerons à l'assaut
De cette féroce humidité
Tu sais que ce sera
Lumineux
Pourtant
Tu préfères
Attendre la nuit
Et plier des linges
Jusqu'à l'aube suivante
Raffut
La nuit
A refermé
Ses mâchoires
Sur nous
Elle nous a avalés
Tout cru
Nous voici
Dans des entrailles
Sombres et visqueuses
Et toi qui me dis
Nous sommes encore vivants
Et toi qui me dis
Nous ne sommes pas morts
Et toi qui me montre
Nos violons
Et nos musiques à bouche
Notre raffut
Viendra cogner
Comme une bête
Aveugle et surexcitée
Contre les parois
De ces profondeurs acides
02 mars 2016
Assaut
Tes cheveux
Sont
La Camargue
De mes désirs
Mes mains
Sont
Des chevaux
Lancés
A l'assaut
De toi
Sont
La Camargue
De mes désirs
Mes mains
Sont
Des chevaux
Lancés
A l'assaut
De toi
Fendre la nuit
Tu es le seul
A fendre la nuit
D'autres ont voulu
Ils ont montré
Les dents
Ils ont
En vain
Cherché leurs couteaux
Tu es le seul
A découper
Les couches
De nos solutions hasardeuses
Lorsque l'aube
Met de la lumière sur tes mains
Tu regardes
Des traces
Des lignes
Les petits chemins de poussière
De tous ces espoirs
Venus du fond des ventres
Que la nuit a moulu
Fin
Avec la force
De papouilles sombres
Tu es le seul
A fendre la nuit
D'autres ont voulu
Ils se sont
Perdu en chemin
29 février 2016
Dans les parages de l'horizon
L'orage
Se tricotait
Au-dessus de l'océan
Dans les parages de l'horizon
Et nous démêlions
Sur notre bande herbeuse
Les filets des chalutiers
Laissés par
Ceux qui
Nous avaient
Si bien
Fait l'amour
Hier
Et avant-hier aussi
Dans l'oubli des gouvernails
Ceux qui
Maintenant
Chevauchant d'autres houles
Etaient écrasés
Par les poitrines opulentes
Du gros temps
Là-bas au fond
Dans les parages de l'horizon
Se tricotait
Au-dessus de l'océan
Dans les parages de l'horizon
Et nous démêlions
Sur notre bande herbeuse
Les filets des chalutiers
Laissés par
Ceux qui
Nous avaient
Si bien
Fait l'amour
Hier
Et avant-hier aussi
Dans l'oubli des gouvernails
Ceux qui
Maintenant
Chevauchant d'autres houles
Etaient écrasés
Par les poitrines opulentes
Du gros temps
Là-bas au fond
Dans les parages de l'horizon
26 février 2016
Taxi
Entre la fin de la nuit
Et le début du jour
Réussir à capturer
Un taxi
Et le chauffeur qui nous dit
Si vous voulez
Je vous emmène loin
D'abord par là
Et partir
Et parler
Des prédateurs
Des roselières
Et regarder la Beauce
Et ne pas réussir
A tisser des liens exacts
Entre eux
C'est la fin de la nuit
Et le début du jour
Juste au milieu des deux
Et la police qui roule vite
Vers l'horizon
Comme à son habitude
Et toi qui a encore un peu
De tabac propre
Pour ceux qui ont tout arrêté
Tu me dis
Comme une précision
Et la police qui fait
Du vent dans nos cheveux
En roulant vite
Comme à son habitude
On est une échappée
On pose nos yeux
Hors d'atteinte
Sur le haut des arbres
La cime
Tu me dis
Comme une précision
Et nos corps
Se tiennent tranquilles
Au milieu
Entre le début du jour
Et la fin de la nuit
Et le début du jour
Réussir à capturer
Un taxi
Et le chauffeur qui nous dit
Si vous voulez
Je vous emmène loin
D'abord par là
Et partir
Et parler
Des prédateurs
Des roselières
Et regarder la Beauce
Et ne pas réussir
A tisser des liens exacts
Entre eux
C'est la fin de la nuit
Et le début du jour
Juste au milieu des deux
Et la police qui roule vite
Vers l'horizon
Comme à son habitude
Et toi qui a encore un peu
De tabac propre
Pour ceux qui ont tout arrêté
Tu me dis
Comme une précision
Et la police qui fait
Du vent dans nos cheveux
En roulant vite
Comme à son habitude
On est une échappée
On pose nos yeux
Hors d'atteinte
Sur le haut des arbres
La cime
Tu me dis
Comme une précision
Et nos corps
Se tiennent tranquilles
Au milieu
Entre le début du jour
Et la fin de la nuit
12 janvier 2016
Flambée
Tu as claqué
Les portes
Tu as déboulé
Dans le séjour
Comme un corsaire
A l'abordage de tous les possibles
Et tu as empoigné nos destins
Qui n'avaient plus trop servi
Tu les as frottés et tapés
Les uns contre les autres
De tes mains féroces
Comme des silex
Et tu as fait un feu immense
Nous avions oublié la chaleur
Nous avons adoré ça
Et on s'est mis à chercher
Ce qu'on pourrait y lancer
La frénésie
Gagnait du terrain
Sur l'agitation
Et puis il y avait aussi
Les cris
Venus du fond des ventres
On ne pouvait plus s'arrêter
Et on aimait beaucoup ça
Les portes
Tu as déboulé
Dans le séjour
Comme un corsaire
A l'abordage de tous les possibles
Et tu as empoigné nos destins
Qui n'avaient plus trop servi
Tu les as frottés et tapés
Les uns contre les autres
De tes mains féroces
Comme des silex
Et tu as fait un feu immense
Nous avions oublié la chaleur
Nous avons adoré ça
Et on s'est mis à chercher
Ce qu'on pourrait y lancer
La frénésie
Gagnait du terrain
Sur l'agitation
Et puis il y avait aussi
Les cris
Venus du fond des ventres
On ne pouvait plus s'arrêter
Et on aimait beaucoup ça
Ta main, s'il te plaît
Laisse-moi
T'accompagner encore
Nous irons voir
Partir les trains
Nous attendrons longtemps
Sans regarder les horaires
Laisse-moi
Me tenir en embuscade
Avec toi
Laisse-moi venir
Avec mes petits outils
Moissonner le temps
Plonger nos mains nues
Dans les minutes et les secondes
Nous sentirons leurs odeurs
Celles qu'elles dégagent
Lorsqu'on les observe assez longtemps
Laisse-moi te prendre la main
Quand le convoi s'éloignera
Laisse-moi t'écouter
Raconter les vies
Qui ont pris le train
T'accompagner encore
Nous irons voir
Partir les trains
Nous attendrons longtemps
Sans regarder les horaires
Laisse-moi
Me tenir en embuscade
Avec toi
Laisse-moi venir
Avec mes petits outils
Moissonner le temps
Plonger nos mains nues
Dans les minutes et les secondes
Nous sentirons leurs odeurs
Celles qu'elles dégagent
Lorsqu'on les observe assez longtemps
Laisse-moi te prendre la main
Quand le convoi s'éloignera
Laisse-moi t'écouter
Raconter les vies
Qui ont pris le train
03 décembre 2015
Silence
Ce n'est pas l'absence de son
Ce n'est pas le manque d'images
C'est le silence désincarné
C'est le silence abruti
C'est le silence éparpillé
Qui nous lâche la main
Qui nous abandonne
Qui lance des bruits
Féroces, affamés et fumants
A la poursuite
De nos petites boîtes à musique
02 décembre 2015
Le Camarguais
Le jour se cabre
Et toi
Tu reviens de Camargue
Avec toute ta science
Tu m'as dit
Laisse-le avancer
Au milieu
Laisse-le venir
À tes pieds
La lumière ne mord pas de métal
Mais si tu lui offres ton corps
Elle peut vouloir
Y trouver refuge
Laisse-la venir
Où elle n'a jamais accès
Dans des bois sombres
Devant leurs sentinelles
Ces bosquets denses
Le jour se cabre
Et nous étendons nos bras
Peut-être chevaucherons-nous
Vers midi
29 novembre 2015
Le tatoueur
Le tatoueur
Proposa à sa vieille mère
Des fleurs
Un arrangement simple et coloré
Le tatoueur
Aux bras de têtes de mort
Lui parlait
D'une voix douce
Comme lorsqu'il était petit garçon
Et qu'il rusait pour obtenir
Davantage de sucre
Sur son pain perdu
Le tatoueur
Détaillait à sa vieille mère
Ses projets immédiats
Ses rendez-vous compliqués
Et plus tard
Leur table
Au restaurant rapide
Demeura inoccupée
Assez longtemps
11 novembre 2015
La reprise
L'aube voulait
Ravir à la lumière
La glace pilée
Elle aimait observer
Le manque s'agiter
A la recherche
D'une main secourable
De l'opportunité d'un cocktail
Pour accueillir
Ceux que la nuit
Rejette
Eructe
Laisse là
Sur le pas du jour
Sans se soucier
De la capacité
De leurs poings
A reprendre
Le combat
Ravir à la lumière
La glace pilée
Elle aimait observer
Le manque s'agiter
A la recherche
D'une main secourable
De l'opportunité d'un cocktail
Pour accueillir
Ceux que la nuit
Rejette
Eructe
Laisse là
Sur le pas du jour
Sans se soucier
De la capacité
De leurs poings
A reprendre
Le combat
Mauvais trappeurs
De sa voix barbelée
Le matin a dit
A ce soir
On a cru
Dans ce brouillard
Voir un soupir
De ceux qu'on entend
Sans jamais les croiser
De ces émotions sauvages
Qui se jouent de nous
Mauvais trappeurs
Le matin a dit
A ce soir
On a cru
Dans ce brouillard
Voir un soupir
De ceux qu'on entend
Sans jamais les croiser
De ces émotions sauvages
Qui se jouent de nous
Mauvais trappeurs
19 octobre 2015
Cellophane
Un matin qui
A des sacs de sable
Dans la voix
Ou
Une nuit dont le cri
A les ailes souillées de pétrole
On ne sait pas trop
On ne sait pas vraiment
Ce que c'est
Cette obscurité
Ces grumeaux sombres
Tu n'as pas sur toi
Comme toujours
Tu n'as pas eu le temps
De t'équiper
Ton couteau aiguisé
De lumière
Ta lame à fendre
Les jours sombres
Qu'allons-nous faire
Dans cet entre-deux
Rayé, rauque et rouillé
Avec nos désirs lyophilisés
Et
Nos cuillères en mauvais bois
Qui pourrissent
Comme un pique-nique
Constitué à la sauvette
Au fond de nos sacs
Comme des provisions
Réunies à la hâte
Au temps sec
Qu'allons-nous faire
Devant ces petits grains
Réguliers et protégés
Dans de minuscules univers
Hermétiques et précis
Nous
Dehors
Avec nos intentions semblables
A des moufles humides
C'est difficile
De laisser
La joie
Dans son cellophane
A des sacs de sable
Dans la voix
Ou
Une nuit dont le cri
A les ailes souillées de pétrole
On ne sait pas trop
On ne sait pas vraiment
Ce que c'est
Cette obscurité
Ces grumeaux sombres
Tu n'as pas sur toi
Comme toujours
Tu n'as pas eu le temps
De t'équiper
Ton couteau aiguisé
De lumière
Ta lame à fendre
Les jours sombres
Qu'allons-nous faire
Dans cet entre-deux
Rayé, rauque et rouillé
Avec nos désirs lyophilisés
Et
Nos cuillères en mauvais bois
Qui pourrissent
Comme un pique-nique
Constitué à la sauvette
Au fond de nos sacs
Comme des provisions
Réunies à la hâte
Au temps sec
Qu'allons-nous faire
Devant ces petits grains
Réguliers et protégés
Dans de minuscules univers
Hermétiques et précis
Nous
Dehors
Avec nos intentions semblables
A des moufles humides
C'est difficile
De laisser
La joie
Dans son cellophane
21 septembre 2015
Plénipotentiaires
L'océan a trouvé
Ses plénipotentiaires
Ils appellent
Le vent et la pluie
Comme le matador
Le taureau
Eux seuls savent
Le langage
De la bête
Grosse
Sombre
Et fumante
L'océan a trouvé
En eux
Plantés au milieu du béton
Des porte-voix
Construits
D'un fouillis de feuilles
Il sait désormais
Se faire comprendre
Et montrer aux clapiers
Qu'il existe des fureurs
Indomptables
Capables de tout écraser
Entre deux vertiges
Susceptibles de tout rompre
En précipitant
Deux espoirs
Même les plus gras
L'un contre l'autre
Envieuses d'éventrer
A coup de lames salées
Les routes les mieux tricotées
L'océan a trouvé
Son ambassade
Au milieu du monde
Des êtres déconcentrés
19 août 2015
Requiem
La pluie entame la nuit
Comme un premier violon
Lorsque
Le gros des souffleurs
Gonfleront le requiem
Nos voix sèches
Ne suffiront pas
A s'opposer à la pénombre
Dans cet hôtel
Entre ces montagnes
Entre ces saisons
Entre ces draps
Alors
Comme nous savons le faire
Puisque nous y avons été entraînés
Alors
Comme à chaque fois
Nous organiserons des ratonnades
Nous attraperons quelques promesses
Nous ne voudrons même pas
Les faire parler
Nous les briserons
Entre nos bras secs
Ce sera notre joie lumineuse
Les yeux plantés dans la pluie
Elle-même plantée dans la nuit
Comme un premier violon
Lorsque
Le gros des souffleurs
Gonfleront le requiem
Nos voix sèches
Ne suffiront pas
A s'opposer à la pénombre
Dans cet hôtel
Entre ces montagnes
Entre ces saisons
Entre ces draps
Alors
Comme nous savons le faire
Puisque nous y avons été entraînés
Alors
Comme à chaque fois
Nous organiserons des ratonnades
Nous attraperons quelques promesses
Nous ne voudrons même pas
Les faire parler
Nous les briserons
Entre nos bras secs
Ce sera notre joie lumineuse
Les yeux plantés dans la pluie
Elle-même plantée dans la nuit
07 août 2015
Un port
C'est un port
Où circulent
Beaucoup d'espoirs
Et de désirs
Bien rangés
Dans des containers
Seulement voilà
C'est un port
Que les dockers
Ont déserté
C'est un port
Où les grues
Restent immobiles
C'est un port
Depuis lequel
Les cargos
Filent à vide
Toucher l'horizon
C'est un port
Où les espoirs
Et les désirs
Restent à quai
Bien rangés
Dans des containers
Où circulent
Beaucoup d'espoirs
Et de désirs
Bien rangés
Dans des containers
Seulement voilà
C'est un port
Que les dockers
Ont déserté
C'est un port
Où les grues
Restent immobiles
C'est un port
Depuis lequel
Les cargos
Filent à vide
Toucher l'horizon
C'est un port
Où les espoirs
Et les désirs
Restent à quai
Bien rangés
Dans des containers
17 juillet 2015
Les papillons de nuit
Au fond de la forêt
Dense
Sombre avec des grumeaux
S'élève un grillage
Souvent nous jouons
Avec les papillons de nuit
Souvent nous dansons
Nous ne calculons
Ni n'économisons
Nos gestes
A la fin, près du jour
C'est régulièrement une tristesse
De prendre congé
De les voir traverser le grillage
Tandis que nous haletons encore
Tandis que nous nous tenons
D'une fatigue sage
Derrière le tricot de métal
Avant de retourner à nos morceaux épais
Nous portons notre regard loin
Vers le vieux aux bidons
Remplis de perdreaux morts
Le vieux gardé par les papillons de nuit
Comme un chalutier poursuivi par les goélands
Nous portons notre regard
Vers toute cette procession
En marche de poussière
Lancée à l'accueil
De la lumière
Dense
Sombre avec des grumeaux
S'élève un grillage
Souvent nous jouons
Avec les papillons de nuit
Souvent nous dansons
Nous ne calculons
Ni n'économisons
Nos gestes
A la fin, près du jour
C'est régulièrement une tristesse
De prendre congé
De les voir traverser le grillage
Tandis que nous haletons encore
Tandis que nous nous tenons
D'une fatigue sage
Derrière le tricot de métal
Avant de retourner à nos morceaux épais
Nous portons notre regard loin
Vers le vieux aux bidons
Remplis de perdreaux morts
Le vieux gardé par les papillons de nuit
Comme un chalutier poursuivi par les goélands
Nous portons notre regard
Vers toute cette procession
En marche de poussière
Lancée à l'accueil
De la lumière
22 juin 2015
Les parachutistes
Les parachutistes
Sont rentrés
Dans l'avion
Comme la boulangère
Fourrait des petits pains
Dans un sac de papier
Il y a eu le grand bruit
Du moteur
Et l'odeur
Du gasoil
Qui piquait
Nos muqueuses
Et toi et moi
Nous sommes souvenus
De ces matins difficiles
Où le papier froissé
Même dans les mains
D'une habile boulangère
C'était déjà trop de fracas
Il y a eu des petits points
Dans le ciel
Malingres et indociles
Des mouches à qui
On aurait arraché
Une aile
Ou les deux
Et puis plus rien
Dévorés et avalés
Par les nuages yoyos
Qui jouent à être gros
Et à s'amincir juste après
Dévorés et avalés
Par ces nuages
Qu'on ne peut pas
Soupçonner
De s'être goinfrés
Et toi et moi
Avons quitté
L'aérodrome
En cherchant
Des parfums
Immobiles et prisonniers
Dans nos cheveux
08 mai 2015
Les cris
Ce soir
Nos carcasses
Nous tiennent
Moins bien
Ensemble
Elles se dérobent
Elles réclament
Les routes anciennes
En triporteur
Elles s'humidifient
Nos carcasses
Nous tiennent
Moins bien
Ensemble
Elles se dérobent
Elles réclament
Les routes anciennes
En triporteur
Elles s'humidifient
07 mai 2015
Gazouillis
Retrouver ces forêts
Traverser à nouveau
Par le bitume
Ces carrés
Ecouter encore
Ces voix
Ces tempos
Ces invitations
Et vivre
Dans les gazouillis
Du silence
Chez l'antiquaire
Une ombre de fourrure
Du marbre d'un autre âge
Ce temps déjà trop mûr
Et ta démarche
Là
Au milieu
Par surprise
Des poussières retrouvées
Au fond d'un panier
Et puis
Des morceaux entiers
Chez l'antiquaire
Du marbre d'un autre âge
Ce temps déjà trop mûr
Et ta démarche
Là
Au milieu
Par surprise
Des poussières retrouvées
Au fond d'un panier
Et puis
Des morceaux entiers
Chez l'antiquaire
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