11 novembre 2015

Mauvais trappeurs

De sa voix barbelée
Le matin a dit
A ce soir
On a cru
Dans ce brouillard
Voir un soupir
De ceux qu'on entend
Sans jamais les croiser
De ces émotions sauvages
Qui se jouent de nous
Mauvais trappeurs

19 octobre 2015

Cellophane

Un matin qui
A des sacs de sable
Dans la voix
Ou
Une nuit dont le cri
A les ailes souillées de pétrole
On ne sait pas trop
On ne sait pas vraiment
Ce que c'est
Cette obscurité
Ces grumeaux sombres

Tu n'as pas sur toi
Comme toujours
Tu n'as pas eu le temps
De t'équiper
Ton couteau aiguisé
De lumière
Ta lame à fendre
Les jours sombres

Qu'allons-nous faire
Dans cet entre-deux
Rayé, rauque et rouillé
Avec nos désirs lyophilisés

Et
Nos cuillères en mauvais bois
Qui pourrissent
Comme un pique-nique
Constitué à la sauvette
Au fond de nos sacs
Comme des provisions
Réunies à la hâte
Au temps sec

Qu'allons-nous faire
Devant ces petits grains
Réguliers et protégés
Dans de minuscules univers
Hermétiques et précis

Nous
Dehors
Avec nos intentions semblables
A des moufles humides

C'est difficile
De laisser
La joie
Dans son cellophane

21 septembre 2015

Plénipotentiaires

L'océan a trouvé
Ses plénipotentiaires

Ils appellent
Le vent et la pluie
Comme le matador
Le taureau
Eux seuls savent
Le langage
De la bête
Grosse
Sombre
Et fumante

L'océan a trouvé
En eux
Plantés au milieu du béton
Des porte-voix
Construits
D'un fouillis de feuilles

Il sait désormais
Se faire comprendre
Et montrer aux clapiers
Qu'il existe des fureurs
Indomptables
Capables de tout écraser
Entre deux vertiges
Susceptibles de tout rompre
En précipitant
Deux espoirs
Même les plus gras
L'un contre l'autre
Envieuses d'éventrer
A coup de lames salées
Les routes les mieux tricotées

L'océan a trouvé
Son ambassade
Au milieu du monde
Des êtres déconcentrés

19 août 2015

Requiem

La pluie entame la nuit
Comme un premier violon

Lorsque
Le gros des souffleurs
Gonfleront le requiem
Nos voix sèches
Ne suffiront pas
A s'opposer à la pénombre

Dans cet hôtel
Entre ces montagnes
Entre ces saisons
Entre ces draps

Alors
Comme nous savons le faire
Puisque nous y avons été entraînés

Alors
Comme à chaque fois

Nous organiserons des ratonnades
Nous attraperons quelques promesses
Nous ne voudrons même pas
Les faire parler
Nous les briserons
Entre nos bras secs
Ce sera notre joie lumineuse
Les yeux plantés dans la pluie
Elle-même plantée dans la nuit

07 août 2015

Un port

C'est un port
Où circulent
Beaucoup d'espoirs
Et de désirs
Bien rangés
Dans des containers

Seulement voilà
C'est un port
Que les dockers
Ont déserté

C'est un port
Où les grues
Restent immobiles

C'est un port
Depuis lequel
Les cargos
Filent à vide
Toucher l'horizon

C'est un port
Où les espoirs
Et les désirs
Restent à quai

Bien rangés
Dans des containers

17 juillet 2015

Les papillons de nuit

Au fond de la forêt
Dense
Sombre avec des grumeaux
S'élève un grillage

Souvent nous jouons
Avec les papillons de nuit
Souvent nous dansons
Nous ne calculons
Ni n'économisons
Nos gestes

A la fin, près du jour
C'est régulièrement une tristesse
De prendre congé
De les voir traverser le grillage
Tandis que nous haletons encore
Tandis que nous nous tenons
D'une fatigue sage
Derrière le tricot de métal

Avant de retourner à nos morceaux épais
Nous portons notre regard loin

Vers le vieux aux bidons
Remplis de perdreaux morts

Le vieux gardé par les papillons de nuit
Comme un chalutier poursuivi par les goélands

Nous portons notre regard
Vers toute cette procession
En marche de poussière
Lancée à l'accueil
De la lumière

22 juin 2015

Les parachutistes

Les parachutistes
Sont rentrés
Dans l'avion
Comme la boulangère
Fourrait des petits pains
Dans un sac de papier

Il y a eu le grand bruit
Du moteur
Et l'odeur
Du gasoil
Qui piquait
Nos muqueuses

Et toi et moi
Nous sommes souvenus
De ces matins difficiles
Où le papier froissé
Même dans les mains
D'une habile boulangère
C'était déjà trop de fracas

Il y a eu des petits points
Dans le ciel
Malingres et indociles
Des mouches à qui
On aurait arraché
Une aile
Ou les deux

Et puis plus rien
Dévorés et avalés
Par les nuages yoyos
Qui jouent à être gros
Et à s'amincir juste après
Dévorés et avalés
Par ces nuages
Qu'on ne peut pas
Soupçonner
De s'être goinfrés

Et toi et moi
Avons quitté
L'aérodrome
En cherchant
Des parfums
Immobiles et prisonniers
Dans nos cheveux

08 mai 2015

Les cris

Ce soir
Nos carcasses
Nous tiennent
Moins bien
Ensemble
Elles se dérobent
Elles réclament
Les routes anciennes
En triporteur
Elles s'humidifient

07 mai 2015

Gazouillis

Retrouver ces forêts
Traverser à nouveau
Par le bitume
Ces carrés
Ecouter encore
Ces voix
Ces tempos
Ces invitations
Et vivre
Dans les gazouillis
Du silence

Chez l'antiquaire

Une ombre de fourrure
Du marbre d'un autre âge
Ce temps déjà trop mûr
Et ta démarche

Au milieu
Par surprise
Des poussières retrouvées
Au fond d'un panier
Et puis
Des morceaux entiers
Chez l'antiquaire

08 avril 2015

Moniteur

Le moniteur
D'auto-école
A terminé
Son paquet de chips
Peu avant
De mettre un terme
A son appel téléphonique

Ce qui signifie
Qu'il mangeait
La majeure partie
De ces fines lamelles
De pommes de terre
Frites
En évoquant
Avec son interlocuteur
Une nouvelle salle de bain
Et des possibilités accrues
En matière
De circulation
Et de discrétion
Sur une surface fermée
D'environ
Cent mètres carrés

Peu après
Durant le reste du trajet
Le moniteur
D'auto-école
S'est endormi
Contre la vitre

Si on avait été à l'extérieur
Mais on ne le pouvait pas
Puisque tout était en mouvement
On aurait eu l'impression
Que sa joue gauche
Ressemblait
A une escalope de viande
Soumise à une légère pression

Il en profitait
Il avait choisi
Ce jour-là
Le train
Il dormait
Il semblait
Paisible

Téléfilm

Rammstein diffuse sur la plateforme numérique "Frühling in Paris".
Olfactivement, des locataires de proximité tentent une recette épicée et audacieuse à base d'agneau.
Une opératrice de télémarketing vient d'appeler.
Elle parlait de mobilier de terrasse avec une voix douce et fluide.
Il lui a dit qu'il y avait des beaux jours dans sa voix.
Elle n'a pas vraiment montré de satisfaction mais sa respiration s'est fait moins discrète.
Il l'a informée de la situation de l'agneau qui mijotait en bas, il a parlé de solitude, il a confié sa difficulté à définir un nombre de chaises, il a été confus dans l'expression de ses besoins.
Elle a estimé qu'il fallait le rappeler.
Il lui a proposé une messagerie électronique, elle n'a pas jugé cette information utile.
Il a raccroché le téléphone près de la commode qui sentait encore son ancien chat, celui à l'odeur sombre, lorsqu'il revenait de promenade, après la pluie.
Maintenant le trafic a diminué dehors.
Le voisinage pourra mieux se concentrer sur le téléfilm.

26 mars 2015

Docile

Il remontait la ville.
Il écoutait un duo de rappeurs.
Il voyait des publicités pour des monospaces asiatiques défiler de bas en haut, puis de haut en bas.
Il observait des salariés oranges tronçonner une haie assez fournie, assez vivante.
Il écoutait des fautes de grammaire un peu plus loin dans l'allée.
Il assistait au choix de matériaux à durée de vie programmée pour bâtir un monde docile.

13 mars 2015

Moquette

La moquette
Du couloir de l'hôtel
Etait un tapis de jour
La piste lumineuse
De nos errances
Dans une nuit
Aux lourds parfums
Synthétiques

L'aube
Serait constituée
D'un guichet de marbre
Et du ballet
De hauts dignitaires

L'aube nous rappellerait
Que nous étions
Etanches à leurs soupirs
A bord
De notre tapis de jour
Pisteurs de nuit
Pieds nus
Dans la savane sombre
De nos tristesses
Minuscules
Et pourtant agiles
Comme de petits singes

Lézardés de lumière

La nuit
Est une promesse
Nous en sommes
Le mensonge

05 mars 2015

Brindille

Ton regard
Est
Un petit hélicoptère miniature
Il tient sur une brindille
En équilibre
Les meilleurs pirates
N'arrivent pas
À s'emparer
Du boîtier de commande

Le chemin sec

Je t'attendrai
Ce sera l'attente
Sèche comme un chemin
Laissé à l'abandon

Au cas où
Tu reviendrais
Le laisser intact
Et dans cette attente
Il se sera creusé
Comme des joues
Avec le temps
Tout seul
Devant
Mon espoir immobile
Flanqué sur le banc
Dehors
Au début du chemin

Je t'attendrai
Et je mettrai
En garde à vue
Quelques nuages
Les plus gros
Les plus gris
Je les interrogerai
J'aurai cette prétention
De savoir
S'ils t'ont vue
Par les chemins
Par les collines
Par les villages
Là où la pluie
Et le vent
Ont une chance
De t'atteindre

Il n'y aura aucune réponse
Puisque les nuages
Ne parlent pas
À ceux qui les supplient

Alors ce sera l'attente
Sèche
Comme un ballast
D'une voie ferrée
Dont les trains
Ont été déroutés
Sans sommation

17 février 2015

Salon de thé

Elle dodeline. Elle sourit un peu. Elle joint les mains, je veux dire par là qu'elle les fait se tenir très tranquilles. Son immobilité est parfum. Il tourne sa tasse dans sa sous-tasse. Il tourne ce qu'il boit. Dans l'autre sens. Ils ressemblent à un couple. On dirait bien. Leurs intentions portent des tutus vagues et grossièrement découpés dans du tulle bon marché. Ils viennent de commander des "petites salades indiennes". Avec "pas trop de poulet". Le début de l'après-midi est libation à l'eau minérale. Ils se parlent calmement. On dirait un entretien d'évaluation. On dirait qu'il y a embauche. On dirait qu'ils vont trouver quoi faire ensemble. On dirait qu'ils se dirigent vers une collaboration. Des mots, "partenaire", "danse", "hip", "hop", "cool", "waouh" flottent brièvement dans l'air, comme un jet de gouttelettes émis par un brumisateur aux senteurs opulentes. Aux pieds d'une table voisine, un chien court et maigre fait le beau, se dresse sur ses pattes arrière, maintient un équilibre succint et reçoit sur sa langue qui tremble un peu une fine tranche de canard fumé. Et cette question, lâchée, incontrôlable: "L'action sur les chaussettes mi-longues est-elle encore d'actualité dans ce magasin dont j'ai oublié le nom, mais qui se trouve dans la zone commerciale du bout de la ville, celle avec les trottoirs peints en verts?"

04 février 2015

Rayé

La stratégie
Des corbeaux
Ou des corneilles
Ou alors des choucas
Ces machins noirs
Qui raient l'hiver
La stratégie
De ces trucs
Lui sembla claire

Ils tournaient
A la manière
D'un cyclone
C'étaient les mites
D'un tube d'air glacé

Il s'était imaginé
Avoir trouvé
Il croyait
Mettre un sens
Là-dessus

Peut-être
Que c'est ça
Devenir fou
Commencer à parler
Avec aplomb
De la stratégie
Des corbeaux
Ou des corneilles
Ou alors des choucas
Ces machins noirs
Qui raient l'hiver

20 janvier 2015

Veilleuses

On s'habitue à la tristesse.

On s'habitue à une vie sans émotion autre que la satisfaction d'obtenir de la marchandise meilleur marché dans ses commerces favoris, en raison d'une participation assidue à un programme de fidélité.

On s'habitue à abandonner le désir et son cortège de soubresauts. On s'habitue au roulis lisse du bitume.

Et plus tard, avec beaucoup de chance, enfin c'est ainsi qu'il faudra qualifier les événements s'ils réussissent à survenir et si la vie se prolonge jusque-là, plus tard, un document sur la savane et l'endormissement des fauves au fusil hypodermique pourra procurer une joie.

Il s'agira plus précisément d'un sentiment primesautier. Celui-ci sèmera la confusion dans notre esprit.

Il nous ferait prendre les égarements de notre corps, à tort, pour de l'ivresse, si le personnel d'accompagnement gériatrique n'était là pour nous rappeler que la nuit exige désormais des veilleuses fiables et fait résonner des silences rayés.

05 janvier 2015

Dégel

Dans le dégel
Un renard mange
La dépouille d'un de ses semblables
Coupée en deux

Il est observé par une buse et un corbeau. Ils sont trois autour d'une carcasse. On dirait le commencement du monde.

Dans le train rapide, des hommes dociles et barbus commandent des capuccinos et ils redemandent davantage de crème.

Ensuite le soleil découpe et brise le matin et sa lame atteint la façade d'une maisonnette en bordure de forêt. Il s'introduit dans des existences ermites. Elles doivent maintenant s'accommoder de sa langue de feu qui lèche l'intérieur des pièces à la recherche de sucreries, de goûts salés, de traces et de condiments.

Tandis que des usagers des transports en commun gagnent les bus en buvant de longues bières contenues dans de l'aluminium. Tandis que leurs regards clignent et s'éloignent du tempo qui reprend.

Et il n'est plus possible
De dire exactement
A quel stade en sont
Les opérations
Dans le dégel
Là où
Un renard mange
La dépouille d'un de ses semblables
Coupée en deux

02 décembre 2014

Soufflé

J'ai mis
Mes yeux dans les tiens
Comme on met
Les petits plats
Dans les grands
Avec la maladresse
De celui qui n'a jamais
Fait un soufflé
Et qui confond
Le mode d'emploi du four
Et le livre de cuisine
J'ai mis
Mes yeux dans les tiens
Et tu m'as dit
Et si
On allait
Manger dehors

01 décembre 2014

Ronger nos capuches

N'était-ce pas
Un grand mouton
Sali de boue et de feuilles
N'était-ce pas
Ce gros animal
Qui tirait
Brouillards et brumes
Qui ramenait
Le ciel sur la terre
Comme seul un herbivore
Sait procéder
Avec sa langue et ses dents
Pour trier
Le pissenlit de la dent-de-lion
N'était-ce pas
Un grand mouton
Sali de boue et de feuilles
Qui prenait possession
De l'hiver tout affairé
A ronger nos capuches

24 novembre 2014

Ombres indociles

Il en est, du silence et de la solitude, comme d'une paire de chiens de traîneaux. A ne pas les entraîner à fendre le blizzard et les météos capricieuses, à oublier de les nourrir, ils ne distinguent plus l'aube du crépuscule. Ils finissent par vous dévorer, vous laisser là, votre carcasse aux prédateurs, et à errer sans fin dans des bois profonds, neigeux et abyssaux, jusqu'à disparaître, en ombres indociles.

Un oiseau noir gardait le gris du jour

A Thomas Vinau, en hommage à "Au froid de l'aube"

Un oiseau noir gardait le gris du jour. Il retenait la terre de ses serres, pourtant ridicules ainsi plantées dans l'ampleur du monde. Il l'empêchait de s'égoutter comme on retient un drap qui profite de la nuit pour glisser et s'enfuir. Plantés dans nos bottes, nous fumions nos cigares, nous éructions, nous nous grattions l'entrejambe. Nous lui opposions une frime maximale. Et ça faisait des petits chuintements lorsque nos cendres s'effondraient sur les sols détrempés. Il n'y avait pas beaucoup d'autres bruits par ici. Imperméables, nous considérions le volatile. Nous avions l'impression qu'il allait nous dévorer d'un rire. Nous nous gargarisions de nos frissons. Nos petits sursauts nous galvanisaient. Nous restions ainsi dans le froid, l'humidité et la pénombre perpétuelle, à opposer un rempart à l'oiseau noir qui gardait le gris du jour. Nous savions que nous pourrions compter un jour ou l'autre sur la relève. Nous savions que les migrateurs rapporteraient la lumière.

04 novembre 2014

Le jaune et le gris

C'est une aube au milieu de laquelle le jaune et le gris en viennent aux mains. Ils livrent le spectacle d'un pugilat de fin de fête. Chacun cherche à marquer l'autre avant de s'enfoncer dans l'hiver comme on regagne la banlieue. Il y a pourtant quelque chose de plus, qui appuie de tout son poids. Voici venir l'équarrisseur. Et ses sacs de jute. Et ses sacs à rognures. Qu'il s'emploie à remplir de minerais d'automne. L'écume aux lèvres, la tête en une fumée, nous nous lancerons à sa poursuite, nous irons récupérer ce combustible pour cramer nos heures sombres.

27 octobre 2014

La fureur, la rage et la faim

La lumière s'est cabrée. Elle a profité d'une brèche à l'horizon. La lumière s'est redressée. Soudain. Comme un malade depuis son lit voit la porte de sa chambre s'ouvrir sur une présence menaçante. La lumière s'est mise à hurler. Le jour ne laissera pas la nuit marcher sur son corps sans hurler. Sans livrer bataille pour chaque flammèche avalée par l'ombre. Le jour écharpera le crépuscule comme si la lumière ne devait plus jamais éclore. Le jour l'a déclaré. Il se laisse posséder par la fureur, la rage et la faim.

19 octobre 2014

Raisins

Les insectes se posaient sur le silence et mitaient l'air. Des êtres pressés étalaient quelques mètres supplémentaires de bitume avant l'hiver. Du fond des forêts, une hâte venait taper, comme un écho, le fond des villes. Et toi, tu avançais tes mains vers mes cheveux, comme on enfonce ses doigts dans un plat de raisins, en quête du grain satisfaisant, lisse et mûr.

18 octobre 2014

Epopées

Ils arrivent
Ils font du bruit
Ils poussent leurs mécaniques
Ils arrivent
Pour tout casser
Nous nous sommes appliqués
A ramasser
Avec méthode
Les miettes sur la table
Dehors
Sous le porche
Ils arrivent
Nous plaçons alors
Notre confiance
Dans cet automne
Qui s'abat sur nous
Saura-t-il
De son bleu et de son feu
Les écraser
Peu importe
Si c'est à quelques mètres
De notre petit porche
Nous n'aurons pas peur
Je crois
Nous saurons supporter
Le petit bruit
De leurs squelettes
Ainsi rabougris

03 octobre 2014

Et soudain tu pleures

Les quinquagénaires
Et leurs petits chocolats chauds
Les matins frais
Tandis que dehors
Des moineaux
Et des merles
Agonisent
Et le soir
Les adolescents
Qui se battent
Pour passer au niveau supérieur
Du jeu télévisé
Et le lendemain matin
Les quinquagénaires
Et leurs petits chocolats chauds
A nouveau
Et tout ça
N'en finit plus
Sauf lorsque tu te mets
A pleurer
Le monde est obligé
De vomir
Devant tant de beauté
Simple et légère