Puisqu'il arrive par saccades
Comme une quinte
Puisqu'il repart pour gérer ses glaires
Puisqu'il revient avec une voix rincée
Claire comme l'autre rive après la pluie
A laisser entrevoir le stentor d'autrefois
Puisqu'il vient comme il toussaille
Nous nous sommes réunis
Bien compacts
En rang par deux
Le doigt sur la couture
Au portail de la propriété
Nous portions
En étendard
Une grosse laine
Et nous avons accueilli
Comme un vieux colonel lourdement décoré
Le printemps
05 avril 2017
01 mars 2017
Rincer la nuit
Secouer nos bouteilles
Bien fort
Et les montrer au ciel
Comme on l'a fait
Avec nos anciens monstres
En brandissant contre eux
Des sabres d'épicéa
Secouer nos bouteilles
Pour rincer la nuit
Et espérer embarquer
Dans des bulles et de la mousse
Pour la lumière
Au fond du panier des galaxies
Bien fort
Et les montrer au ciel
Comme on l'a fait
Avec nos anciens monstres
En brandissant contre eux
Des sabres d'épicéa
Secouer nos bouteilles
Pour rincer la nuit
Et espérer embarquer
Dans des bulles et de la mousse
Pour la lumière
Au fond du panier des galaxies
28 février 2017
Noyade
Seule tristesse
Parmi la rigueur
Des cailloux
Seul galet
Plat
Cette main
Viendra-t-elle
Saisir
Lancer
Faire ricocher
Loin
Très loin
Enfin
Le plus loin
Possible
Jusqu'à ce que tout coule
Sous son propre poids
Jusqu'à ce que les larmes
Soient hors de portée
Des bouées de sauvetage
Seul galet
Plat
Cette main
Viendra-t-elle
Saisir
Lancer
Faire ricocher
Loin
Très loin
Enfin
Le plus loin
Possible
Jusqu'à ce que tout coule
Sous son propre poids
Jusqu'à ce que les larmes
Soient hors de portée
Des bouées de sauvetage
15 janvier 2017
Les trappeurs
La hutte
Des trappeurs
Fume
La hutte
Des trappeurs
S'agite
La hutte
Des trappeurs
Bouillonne
Ils ont attrapé
Un peu de joie
Ils la lacèrent
Consciencieusement
Ils la dépècent
En lacets
Qu'ils tanneront
Avec application
Ainsi équipés
Ils relanceront
Une partie
Ils s'élanceront
A la poursuite
Du bonheur
Ils l'étrangleront
Avec leurs petits lacets
De joie
Finement tannés
La hutte
Des trappeurs
Frémit
De préparatifs
Des trappeurs
Fume
La hutte
Des trappeurs
S'agite
La hutte
Des trappeurs
Bouillonne
Ils ont attrapé
Un peu de joie
Ils la lacèrent
Consciencieusement
Ils la dépècent
En lacets
Qu'ils tanneront
Avec application
Ainsi équipés
Ils relanceront
Une partie
Ils s'élanceront
A la poursuite
Du bonheur
Ils l'étrangleront
Avec leurs petits lacets
De joie
Finement tannés
La hutte
Des trappeurs
Frémit
De préparatifs
A tout rompre
La lumière
S'est glissée
Entre l'aube
Et le matin
Comme la pelle du boulanger
Va
Farfouille
Tout au fond du four
Retire des parts de réconfort
Tente de mieux les répartir
Viendront alors les travailleurs du jour
Avec leurs grosses mains
Viendront ces ravisseurs
Et leurs voix
Affamées
Féroces
A tout rompre
S'est glissée
Entre l'aube
Et le matin
Comme la pelle du boulanger
Va
Farfouille
Tout au fond du four
Retire des parts de réconfort
Tente de mieux les répartir
Viendront alors les travailleurs du jour
Avec leurs grosses mains
Viendront ces ravisseurs
Et leurs voix
Affamées
Féroces
A tout rompre
Millefeuille
Il y a
Pourtant
Cette même chaleur
Même si la saison
Est en ruine
Il y a
Un peu de mousse
Eparse
Des senteurs
Aux couleurs
Passées
Quelques tas de pierres
Semblent retenir
L'écho
D'anciennes voix
Le bruit sourd et usé
De désirs
Qui avaient annoncé
Leur intention de fuir
Et qui avaient tenu parole
Ensuite
Nos regards
Portés au ciel
Nos regards
Arrêtés par un plancher
Sur lequel de nouvelles danses
D'autres séductions
Diverses trajectoires
S'ébattent
Nos regards
Pris dans ce millefeuille
Au vieux goût de chaleur
Nos regards
Condamnés
A écouter
Pourtant
Cette même chaleur
Même si la saison
Est en ruine
Il y a
Un peu de mousse
Eparse
Des senteurs
Aux couleurs
Passées
Quelques tas de pierres
Semblent retenir
L'écho
D'anciennes voix
Le bruit sourd et usé
De désirs
Qui avaient annoncé
Leur intention de fuir
Et qui avaient tenu parole
Ensuite
Nos regards
Portés au ciel
Nos regards
Arrêtés par un plancher
Sur lequel de nouvelles danses
D'autres séductions
Diverses trajectoires
S'ébattent
Nos regards
Pris dans ce millefeuille
Au vieux goût de chaleur
Nos regards
Condamnés
A écouter
24 décembre 2016
Les baisers chauves
Il l'aimait
Comme on passe
Sa main dans ses cheveux
Il prenait possession
Des territoires hirsutes
En quelques coups de paume
Il avait l'allure au poing
Il redonnait de la décence
Aux fins d'après-midi d'été
Jusqu'à ce que le tempo
De leurs fougues ébouriffées
S'essouffle en baisers chauves
Désormais
Ils se rendent
Chez le coiffeur
Comme on passe
Sa main dans ses cheveux
Il prenait possession
Des territoires hirsutes
En quelques coups de paume
Il avait l'allure au poing
Il redonnait de la décence
Aux fins d'après-midi d'été
Jusqu'à ce que le tempo
De leurs fougues ébouriffées
S'essouffle en baisers chauves
Désormais
Ils se rendent
Chez le coiffeur
Retenir la lumière
Retiens
Comme tu peux
Le jour
Distrais-le
Raconte-lui
A peu près
N'importe quoi
Utilise ses propres ruses
Enfume-le
Sors le matériel pyrotechnique
Avec le faux brouillard
Barre la sortie à la lumière
Pendant que tu gagnes du temps
Ici nous amenons des camions-citernes
Nous déversons du kérosène
Sur des bâtisses en ruine et du bois mort
Nous allons tout faire flamber
Nous nous enivrerons de notre propre jour
Nous boirons notre propre lumière
Nous apercevrons
Dans les braises, dans leurs danses, dans leurs ascensions
Tout ce que le jour nous a pris
Tout ce que nous avons tant aimé
Comme tu peux
Le jour
Distrais-le
Raconte-lui
A peu près
N'importe quoi
Utilise ses propres ruses
Enfume-le
Sors le matériel pyrotechnique
Avec le faux brouillard
Barre la sortie à la lumière
Pendant que tu gagnes du temps
Ici nous amenons des camions-citernes
Nous déversons du kérosène
Sur des bâtisses en ruine et du bois mort
Nous allons tout faire flamber
Nous nous enivrerons de notre propre jour
Nous boirons notre propre lumière
Nous apercevrons
Dans les braises, dans leurs danses, dans leurs ascensions
Tout ce que le jour nous a pris
Tout ce que nous avons tant aimé
29 novembre 2016
Clapotis
C'est la lumière
De nos journées à l'océan
Ramenée à la petite cuillère
Posée au milieu d'une lanterne famélique
Filée au plafond du vieux palais
Sur le bord de l'avenue poissonneuse
C'est une clarté
C'est une proposition qui s'enfuit
Aux trousses de laquelle
Nous avons lancé
Mille chiens insuffisants
C'est par cette lumière
Que nous voulons être inondés
Pauvres galériens
Qui tambourinons
A la porte du palais
Pauvres fous
Qui estimons
Notre équipement adéquat
Pour assiéger
Les surdités assoupies
Des vieux concierges
Pendant que nos guetteurs
Se font abuser par les bruits d'eau
Venus du fond de l'avenue
Par des clapotis
Que des années de guenilles
Au royaume
Gorgé de foule
Où tu n'es pas
Réussissent à déguiser
En houle
De nos journées à l'océan
Ramenée à la petite cuillère
Posée au milieu d'une lanterne famélique
Filée au plafond du vieux palais
Sur le bord de l'avenue poissonneuse
C'est une clarté
C'est une proposition qui s'enfuit
Aux trousses de laquelle
Nous avons lancé
Mille chiens insuffisants
C'est par cette lumière
Que nous voulons être inondés
Pauvres galériens
Qui tambourinons
A la porte du palais
Pauvres fous
Qui estimons
Notre équipement adéquat
Pour assiéger
Les surdités assoupies
Des vieux concierges
Pendant que nos guetteurs
Se font abuser par les bruits d'eau
Venus du fond de l'avenue
Par des clapotis
Que des années de guenilles
Au royaume
Gorgé de foule
Où tu n'es pas
Réussissent à déguiser
En houle
09 octobre 2016
Le projet
Avec des gestes
Avec des mines
Avec des silences
Je racontais
La patience
La persévérance
La minutie
Toutes ces émotions
Muselées
Pour envoyer
Des petits modules
Là-bas
Au fin fond
De l'univers
Qui n'a rien d'une fin
Ni d'un fond
Et je poursuivais
Avec l'attente
L'angoisse
De ne pas savoir
En réalité
Très exactement
Ce qui pouvait
Gripper la manoeuvre
J'argumentais
Sur la fureur de l'espace
Sur cette audacieuse conquête
Et tu me dis
Que tu travaillais
A la même chose
Que tu te penchais
Sur des plans similaires
Tu me dis
Que tu avais le projet
De te pencher sur moi
De m'embrasser
Et de m'emmener
Avec des mines
Avec des silences
Je racontais
La patience
La persévérance
La minutie
Toutes ces émotions
Muselées
Pour envoyer
Des petits modules
Là-bas
Au fin fond
De l'univers
Qui n'a rien d'une fin
Ni d'un fond
Et je poursuivais
Avec l'attente
L'angoisse
De ne pas savoir
En réalité
Très exactement
Ce qui pouvait
Gripper la manoeuvre
J'argumentais
Sur la fureur de l'espace
Sur cette audacieuse conquête
Et tu me dis
Que tu travaillais
A la même chose
Que tu te penchais
Sur des plans similaires
Tu me dis
Que tu avais le projet
De te pencher sur moi
De m'embrasser
Et de m'emmener
Le tilleul et la feuille
Pas vraiment tôt
Pas vraiment tard
Non plus
Dans le jour
Encore en habits de nuit
Le tilleul
En bas de la route à droite
Le sentinelle
De nos allées et venues
Le tilleul
A perdu une feuille
Nous l'avons regardée
Nous avons observé
Sa chute qui dansait
Et nous avons pensé
A sa vie, à son moment
Aux orages
Qu'elle avait subis
Tapie dans l'épais feuillage
A l'agitation de l'été
Qui était venue tapiner au pied
De son tronc
Nous nous sommes souvenus
Des essaims de volatiles
Qui assourdissaient
Les branchages
Qu'ils quittaient
Comme des désespérés
Lâchent un comptoir
Nous nous sommes remémoré
Tout ce raffut
Et nous avons goûté
Le bruit du silence
De cette feuille
Qui s'écrasait
Dans l'humidité
Et pour qui s'ouvrait
Désormais
Le royaume
Des fouisseurs
Pas vraiment tard
Non plus
Dans le jour
Encore en habits de nuit
Le tilleul
En bas de la route à droite
Le sentinelle
De nos allées et venues
Le tilleul
A perdu une feuille
Nous l'avons regardée
Nous avons observé
Sa chute qui dansait
Et nous avons pensé
A sa vie, à son moment
Aux orages
Qu'elle avait subis
Tapie dans l'épais feuillage
A l'agitation de l'été
Qui était venue tapiner au pied
De son tronc
Nous nous sommes souvenus
Des essaims de volatiles
Qui assourdissaient
Les branchages
Qu'ils quittaient
Comme des désespérés
Lâchent un comptoir
Nous nous sommes remémoré
Tout ce raffut
Et nous avons goûté
Le bruit du silence
De cette feuille
Qui s'écrasait
Dans l'humidité
Et pour qui s'ouvrait
Désormais
Le royaume
Des fouisseurs
15 septembre 2016
Le bar
Le bar
Ouvert sur la pluie
Lumineux
Comme des grandes dents
Profond
Comme une bouche
Ouverte jusqu'à la glotte
A ne pas savoir
Au juste
Ce qui en sortira
Ce qui y rentrera
Le bar
Comme une balise
Un battement électrique
Au milieu d'une tempête
D'enrobés bitumineux
Les proies
Le matin
Nous a saisis
Le matin
Nous a volés
A cette nuit
Qui nous appartenait
Il a battu des ailes
Jusqu'à très haut
Et puis il a ouvert ses serres
Et il nous a regardés
Nous écraser
Dans ce qui restait d'aube
Nous décomposer
Dans des odeurs de brutes
14 septembre 2016
12 août 2016
Cavalcade
Nous laissions
Filer notre vie
Comme un chien rapide
Sur la plage déserte
Entre eau, sel et sable
La bête cherchait
A prendre l'océan
De vitesse
Excitée par le sol
Humide et mobile
Qui se dérobait sous ses pattes
Nous laissions
Filer notre vie
Nous la regardions
Disparaître
Dans les embruns
De l'entre-saisons
Il y avait ce frisson
De savoir
Si et quand
Elle réapparaîtrait
Nous laissions
Filer notre vie
Nous la regardions
Revenir
En cavalcade puissante
Et il nous semblait
Qu'elle tenait quelque chose
Dans la gueule
Filer notre vie
Comme un chien rapide
Sur la plage déserte
Entre eau, sel et sable
La bête cherchait
A prendre l'océan
De vitesse
Excitée par le sol
Humide et mobile
Qui se dérobait sous ses pattes
Nous laissions
Filer notre vie
Nous la regardions
Disparaître
Dans les embruns
De l'entre-saisons
Il y avait ce frisson
De savoir
Si et quand
Elle réapparaîtrait
Nous laissions
Filer notre vie
Nous la regardions
Revenir
En cavalcade puissante
Et il nous semblait
Qu'elle tenait quelque chose
Dans la gueule
20 juillet 2016
Disparates
Tu as pris ton regard
De gorille qui termine les mégots
Et tu as troué de cendres
La peau de nos envies
La chaleur de l'été a rendu tout ça
Collant et puant
Et puis c'était fini
Il ne restait plus de nous
Que des traces de suie
Disparates
De gorille qui termine les mégots
Et tu as troué de cendres
La peau de nos envies
La chaleur de l'été a rendu tout ça
Collant et puant
Et puis c'était fini
Il ne restait plus de nous
Que des traces de suie
Disparates
Se précipiter vers le jour
Attendre le jour
Se précipiter vers lui
Et puis
A grandes mains échevelées
Lui faire promettre
De ne plus jamais
Nous abandonner
Et puis
L'entendre rire
A faire peur aux étoiles
Enfin
Après une journée
Dans l'ombre de la lumière
Se soumettre
Aux sommations
De la nuit
Les mains sur la tête
Se précipiter vers lui
Et puis
A grandes mains échevelées
Lui faire promettre
De ne plus jamais
Nous abandonner
Et puis
L'entendre rire
A faire peur aux étoiles
Enfin
Après une journée
Dans l'ombre de la lumière
Se soumettre
Aux sommations
De la nuit
Les mains sur la tête
Les petits territoires
Parce qu'il s'était dérobé
Parce qu'il t'avait mis
En cale sèche
Tu as essayé
De retenir l'océan
Comme on saisit
Un drap
Comme on se dispute
Pour de petits territoires
Promis à devenir
Les rampes de lancement
De nos voyages inaccessibles
T'inquiète
Il reviendra
Il t'emportera
Il noiera tout
Parce qu'il t'avait mis
En cale sèche
Tu as essayé
De retenir l'océan
Comme on saisit
Un drap
Comme on se dispute
Pour de petits territoires
Promis à devenir
Les rampes de lancement
De nos voyages inaccessibles
T'inquiète
Il reviendra
Il t'emportera
Il noiera tout
09 juin 2016
Reprise
J'ai envie
Que la nuit me reprenne
Oui mais la nuit
N'a pas
La tête à ça
Elle ne veut pas
De toi
Elle ne reprend pas
Les occasions manquées
08 juin 2016
Taxis
Comme si tu revenais
D'un long voyage
Toi
Comme un avion
Qui s'appuie sur l'air
Semblable à un vieux coude
Qui cherche à se poser
Sur un accoudoir
Je me souviens
De ton tempo
De tes taratatas
De la vie
Avec toi
Haute et exposée
Que j'ai pleurée
Que j'ai attendue
Comme une carte postale
Après l'avoir laissée filer
Je me souviens
Et on dirait
Là
A échanger nos taxis
Que c'est
Comme si tu revenais
Que tu vas me raconter
Ton long voyage
D'un long voyage
Toi
Comme un avion
Qui s'appuie sur l'air
Semblable à un vieux coude
Qui cherche à se poser
Sur un accoudoir
Je me souviens
De ton tempo
De tes taratatas
De la vie
Avec toi
Haute et exposée
Que j'ai pleurée
Que j'ai attendue
Comme une carte postale
Après l'avoir laissée filer
Je me souviens
Et on dirait
Là
A échanger nos taxis
Que c'est
Comme si tu revenais
Que tu vas me raconter
Ton long voyage
07 juin 2016
Cordes
Le ciel
Compact et sombre
Comme une coque de paquebot
Il pleuvait des cordes
Et personne ici
Pour s'accrocher à elles
Et monter à bord
Compact et sombre
Comme une coque de paquebot
Il pleuvait des cordes
Et personne ici
Pour s'accrocher à elles
Et monter à bord
06 juin 2016
Siphon
L'un a haussé
Les épaules
Et ensuite
L'autre a haussé
Les sourcils
Grâce à cet appel d'air
L'un a pu siphonner
Un peu de tristesse
Au fond de l'autre
Et faire redémarrer
Le tank
Du vieux dictateur
Jusqu'à la prochaine guerre
Les épaules
Et ensuite
L'autre a haussé
Les sourcils
Grâce à cet appel d'air
L'un a pu siphonner
Un peu de tristesse
Au fond de l'autre
Et faire redémarrer
Le tank
Du vieux dictateur
Jusqu'à la prochaine guerre
Sentinelles
La forêt
Et ce qui restait
De vent
A la va-vite
Ont brassé
Quelques feuilles
Qu'ils ont appliquées
Sur le silence
Un grimage maladroit
Censé le soustraire
Aux fracas
Des tronçonneuses
Restait l'odeur de l'essence
Au sombre dessein
Lancée dans l'air
A l'assaut des sentinelles des bois
Arcs et flèches
On a voulu
Atteindre
Avec nos arcs et nos flèches
Les trois étoiles
Les plus lumineuses
Celles qui donnaient
Le signal de départ
A la nuit
A nos courses effrénées
Dans l'obscurité
On a espéré
Qu'elles s'effondreraient
Un peu plus loin
Dans la forêt
On a imaginé
Envoyer nos Weimar
Les cueillir
On s'est réjoui
De pouvoir les moudre
Fin
Au pilon
D'en faire de la poudre
On s'est monté la tête
Sur les vertus de ce talc
Sur ses pouvoirs
D'adhérence
Dans les passes obscures
Atteindre
Avec nos arcs et nos flèches
Les trois étoiles
Les plus lumineuses
Celles qui donnaient
Le signal de départ
A la nuit
A nos courses effrénées
Dans l'obscurité
On a espéré
Qu'elles s'effondreraient
Un peu plus loin
Dans la forêt
On a imaginé
Envoyer nos Weimar
Les cueillir
On s'est réjoui
De pouvoir les moudre
Fin
Au pilon
D'en faire de la poudre
On s'est monté la tête
Sur les vertus de ce talc
Sur ses pouvoirs
D'adhérence
Dans les passes obscures
Dérobade
Retiens-toi au jour
Ce n'est pas que
La nuit se dérobe
Sous tes pieds
C'est que
La ville est visqueuse
Certains n'ont pas réussi
A garder leurs entrailles
Au fond de leurs joies
Ce n'est pas que
La nuit se dérobe
Sous tes pieds
C'est que
La ville est visqueuse
Certains n'ont pas réussi
A garder leurs entrailles
Au fond de leurs joies
Pacotille
Mal équipé
Dans la précipitation
J'avais oublié
Piolets et mousquetons
Dans ma remise
Celle des ascensions
Ratées et estropiées
Mal équipé
Parti
Le poitrail
Saisi des vigueurs de l'aube
J'ai tenté
De passer
De la base de ton cou
Au sommet de ta nuque
Et je me suis fait emporter
Dans l'avalanche de tes cheveux
Estourbi dans ta chute de reins
Comme un aventurier
De pacotille
Qu'aucun hélicoptère
Ne remarquera
Tellement inanimé
Dans la précipitation
J'avais oublié
Piolets et mousquetons
Dans ma remise
Celle des ascensions
Ratées et estropiées
Mal équipé
Parti
Le poitrail
Saisi des vigueurs de l'aube
J'ai tenté
De passer
De la base de ton cou
Au sommet de ta nuque
Et je me suis fait emporter
Dans l'avalanche de tes cheveux
Estourbi dans ta chute de reins
Comme un aventurier
De pacotille
Qu'aucun hélicoptère
Ne remarquera
Tellement inanimé
Wombats
Il a souhaité
Entamer l'été
Alors que d'autres
Saisissent un couteau
Affûtent des lames
Il a souhaité
Entamer l'été
A dos de libellule
En dresseur de wombats
Il a souhaité
Aligner la lumière
En petits wagons
Son désir d'horizon
Comme seule
Locomotive
04 mai 2016
Vague
Comme une vague
Venue du fond de l'horizon
Pour noyer nos matins
Salis de désirs
A qui on a ouvert le ventre
Comme l'océan
Venu faire la loi
Lancé en campagne hostile
A l'assaut de la terre
Encore assoupie
Venue du fond de l'horizon
Pour noyer nos matins
Salis de désirs
A qui on a ouvert le ventre
Comme l'océan
Venu faire la loi
Lancé en campagne hostile
A l'assaut de la terre
Encore assoupie
15 avril 2016
Reliques
Regarde
On voit
Ton sécateur
Qui luit dans le sombre
J'attends l'aube
Je me prépare
J'irai cueillir le jour
Et je lui arracherai
Un à un ses pétales
Et après
Et après je laisserai
Tout en plan
Comme
Un festin sec
De prédateur
Comme
Les reliques
D'une sauvagerie
Regarde
On voit
Ton sécateur
Qui luit dans le sombre
Range un peu ça
Ne te donne pas
En spectacle
Ne sous-estime pas
La lumière
Et ses ruses
On voit
Ton sécateur
Qui luit dans le sombre
J'attends l'aube
Je me prépare
J'irai cueillir le jour
Et je lui arracherai
Un à un ses pétales
Et après
Et après je laisserai
Tout en plan
Comme
Un festin sec
De prédateur
Comme
Les reliques
D'une sauvagerie
Regarde
On voit
Ton sécateur
Qui luit dans le sombre
Range un peu ça
Ne te donne pas
En spectacle
Ne sous-estime pas
La lumière
Et ses ruses
11 avril 2016
Livrée
Le livreur
De vins fins
Est venu
Amener
Sa tristesse
En petits cageots
Devant la porte
De bois rouge
Importé d'une île
Lointaine et défigurée
Celle qui tirait
Des bières
S'est arrêtée
De tirer des bières
Ils ont parlé
De ses kystes
Qui lui donnaient l'air
D'un vieux crocodile
Le livreur
De vins fins
A eu droit
Ensuite
A un peu de blanc
Servi dans un verre trapu
Qui ressemblait à sa démarche
De souriceau obèse
Celle qui tirait des bières
S'est remise
A tirer des bières
Le livreur
De vins fins
S'est mis
A parler un peu tout seul
"On y va", lançait-il
A des chevaux
Invisibles et miniatures
Sur le comptoir
"Bon", ajoutait-il
Comme un ancien dresseur
De chiens
Puisque les voix
Dans les hauts-parleurs
Ne lui répondaient pas
Il a traversé
Dans l'autre sens
La porte de bois rouge
Importé d'une île
Lointaine et défigurée
Il a laissé ses petits cageots
De tristesse
Il reviendra demain
Il les chargera dès l'aube
Il sait qu'il n'en a pas l'utilité
Puisque la nuit a promis
De lui masser l'épiderme
Celle qui tirait des bières
A pris soin
D'ailleurs
De les mettre de côté
Afin que personne
Ne trébuche
De vins fins
Est venu
Amener
Sa tristesse
En petits cageots
Devant la porte
De bois rouge
Importé d'une île
Lointaine et défigurée
Celle qui tirait
Des bières
S'est arrêtée
De tirer des bières
Ils ont parlé
De ses kystes
Qui lui donnaient l'air
D'un vieux crocodile
Le livreur
De vins fins
A eu droit
Ensuite
A un peu de blanc
Servi dans un verre trapu
Qui ressemblait à sa démarche
De souriceau obèse
Celle qui tirait des bières
S'est remise
A tirer des bières
Le livreur
De vins fins
S'est mis
A parler un peu tout seul
"On y va", lançait-il
A des chevaux
Invisibles et miniatures
Sur le comptoir
"Bon", ajoutait-il
Comme un ancien dresseur
De chiens
Puisque les voix
Dans les hauts-parleurs
Ne lui répondaient pas
Il a traversé
Dans l'autre sens
La porte de bois rouge
Importé d'une île
Lointaine et défigurée
Il a laissé ses petits cageots
De tristesse
Il reviendra demain
Il les chargera dès l'aube
Il sait qu'il n'en a pas l'utilité
Puisque la nuit a promis
De lui masser l'épiderme
Celle qui tirait des bières
A pris soin
D'ailleurs
De les mettre de côté
Afin que personne
Ne trébuche
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