Ce matin
Est un poignard rouillé
Au travail dans le ventre du jour
Alors que la nuit
Digère encore
Des étoiles à peine entamées
Se répandent
Dans les flaques
13 août 2017
Taxidermie
Ici
Lorsque leurs mains
Atterrissent sur les comptoirs
Elles renversent quelques verres
Pas qu'on ne sache pas atterrir
Ici
On n'en fait simplement pas
Tout un cas
On ne cherche pas
A se retenir
A quoi que ce soit
L'important c'est de se poser
Et de saisir à nouveau
Ce qui ne tangue pas
L'important
C'est de s'immobiliser un peu
Ici
Les pyromanes ont tout brûlé
A quelle branches
Voulez-vous donc
Que ces mains s'accrochent
Si vous tentez
Quelques sifflements d'oiseaux
Vous aurez peut-être la chance
De les voir s'animer un peu
En rase-motte
Et de raconter des aventures
Pelées et malingres
De celles qui nous amènent
Ici
De celles après lesquelles
Il ne faut pas courir bien longtemps
Pour les voir s'essouffler
Pour les ramener sur nos épaules
Et les tanner ensuite
Leur maquiller une splendeur
Qu'elles n'ont jamais eue
De celles qui
Accrochées au dessus de la porte
Nous aident
A passer l'hiver sans histoire
Lorsque leurs mains
Atterrissent sur les comptoirs
Elles renversent quelques verres
Pas qu'on ne sache pas atterrir
Ici
On n'en fait simplement pas
Tout un cas
On ne cherche pas
A se retenir
A quoi que ce soit
L'important c'est de se poser
Et de saisir à nouveau
Ce qui ne tangue pas
L'important
C'est de s'immobiliser un peu
Ici
Les pyromanes ont tout brûlé
A quelle branches
Voulez-vous donc
Que ces mains s'accrochent
Si vous tentez
Quelques sifflements d'oiseaux
Vous aurez peut-être la chance
De les voir s'animer un peu
En rase-motte
Et de raconter des aventures
Pelées et malingres
De celles qui nous amènent
Ici
De celles après lesquelles
Il ne faut pas courir bien longtemps
Pour les voir s'essouffler
Pour les ramener sur nos épaules
Et les tanner ensuite
Leur maquiller une splendeur
Qu'elles n'ont jamais eue
De celles qui
Accrochées au dessus de la porte
Nous aident
A passer l'hiver sans histoire
L'arbre
Se déchausser
Risquer nos pieds
Hors de l'ombre ronde et tempérée
Les offrir à la morsure instantanée
Du soleil obèse
Les ramener à l'intérieur
De l'ombre
A force
Décollée sur les côtés
Se passer
Fraîcheur
Sur le visage
Ce mot ravissant
Risquer nos pieds
Hors de l'ombre ronde et tempérée
Les offrir à la morsure instantanée
Du soleil obèse
Les ramener à l'intérieur
De l'ombre
A force
Décollée sur les côtés
Se passer
Fraîcheur
Sur le visage
Ce mot ravissant
Poussière
Ainsi
La poussière
Qui éclate en nuages
Reste de la poussière
Ce n'est pas un équipage
Lancé à l'assaut
De notre périmètre intact
C'est d'abord
De la poussière
Qui éclate en nuages
Dans les parages de l'horizon
La poussière
Qui éclate en nuages
Reste de la poussière
Ce n'est pas un équipage
Lancé à l'assaut
De notre périmètre intact
C'est d'abord
De la poussière
Qui éclate en nuages
Dans les parages de l'horizon
21 juillet 2017
Conditionnel
On dirait
Que tu serais
Un vieux roi
Et que tu ne pourrais pas
Cuisiner
On dirait
Que tu serais
Un vieux roi
Qui irait
Alors
Au restaurant rapide
Que tu serais
Un vieux roi
Et que tu ne pourrais pas
Cuisiner
On dirait
Que tu serais
Un vieux roi
Qui irait
Alors
Au restaurant rapide
12 juillet 2017
Les nageurs de la nuit
Immergés
Dans l'obscurité
A recevoir
Des vagues sombres
Dans le nez et les yeux
Les nageurs de la nuit
Croisent
Clignent
Et sifflent
Ils embrassent
Ils battent des jambes
Ils guettent
Le cou tendu vers l'aube
Qui se répandra
En huile et en taches
Après l'ivresse agitée
Des embruns
Dans l'obscurité
A recevoir
Des vagues sombres
Dans le nez et les yeux
Les nageurs de la nuit
Croisent
Clignent
Et sifflent
Ils embrassent
Ils battent des jambes
Ils guettent
Le cou tendu vers l'aube
Qui se répandra
En huile et en taches
Après l'ivresse agitée
Des embruns
Près de la rivière
Des enfants humides
Escaladent
La rivière
Des femmes penchées
Construisent un feu
La forêt est un couvercle
Sur cette petite bande qui mijote
Et les hommes
Qui ne sont pas là
Qui trafiquent ailleurs
Auxquels on ne croit plus
Surtout ici
Parmi les galets et les brindilles
Les hommes
Qui sont partis
S'écharper
Mettre le feu ailleurs
Qui reviendront peut-être
Un bras
Une jambe
En moins
A les confondre
Dans l'odeur
Touffue et confuse
Des broussailles
Avec des sangliers
Des hommes estropiés
Qu'on étouffera
Avant de les avoir
A nouveau
Embrassés
Qu'on étouffera
Comme le bruit d'une menace
Couvert par le clapotis
Des enfants humides
Qui escaladent
La rivière
Escaladent
La rivière
Des femmes penchées
Construisent un feu
La forêt est un couvercle
Sur cette petite bande qui mijote
Et les hommes
Qui ne sont pas là
Qui trafiquent ailleurs
Auxquels on ne croit plus
Surtout ici
Parmi les galets et les brindilles
Les hommes
Qui sont partis
S'écharper
Mettre le feu ailleurs
Qui reviendront peut-être
Un bras
Une jambe
En moins
A les confondre
Dans l'odeur
Touffue et confuse
Des broussailles
Avec des sangliers
Des hommes estropiés
Qu'on étouffera
Avant de les avoir
A nouveau
Embrassés
Qu'on étouffera
Comme le bruit d'une menace
Couvert par le clapotis
Des enfants humides
Qui escaladent
La rivière
Carcasse
Le silence
A fait un petit bruit
On aurait dit la carcasse
D'un lion mort
Les poils
Le son maigre d'un cadavre
Allez savoir ce qui bouge exactement
Lorsque la terre chuchote
Quelqu'un tombera bien dessus
Au hasard
Pour l'instant la brise et le soir
En cortège funèbre
S'occupent de son sort
Tandis que des safaris
S'organisent
Et que déjà
Les boissons fraîches
Réveillent les gosiers
Le silence
A fait un petit bruit
C'est déjà fini
A fait un petit bruit
On aurait dit la carcasse
D'un lion mort
Les poils
Le son maigre d'un cadavre
Allez savoir ce qui bouge exactement
Lorsque la terre chuchote
Quelqu'un tombera bien dessus
Au hasard
Pour l'instant la brise et le soir
En cortège funèbre
S'occupent de son sort
Tandis que des safaris
S'organisent
Et que déjà
Les boissons fraîches
Réveillent les gosiers
Le silence
A fait un petit bruit
C'est déjà fini
06 juin 2017
L'étreinte
Il aurait souhaité
Une étreinte
Violente et mouillée
A la manière du ciel
Qui s'abat sur la terre
Et se mêle d'aller voir
Quels sont les invités
A la table des taupes
Là-dessous
Au bas de nos vies
Il aurait souhaité
Un baiser
Qui prenne
Totalement
Possession de son corps
A la manière du vent
En visite au fond de ses entrailles
A la manière du vent
Qui saccage
Les portes pourries
D'un château déglingué
Il aurait souhaité
Qu'elle vienne contre lui
Comme une tempête
Qu'on attend
La maison barricadée
La météo enclenchée
Qu'on attend
A coup d'alcools et d'ennuis
Une étreinte
Violente et mouillée
A la manière du ciel
Qui s'abat sur la terre
Et se mêle d'aller voir
Quels sont les invités
A la table des taupes
Là-dessous
Au bas de nos vies
Il aurait souhaité
Un baiser
Qui prenne
Totalement
Possession de son corps
A la manière du vent
En visite au fond de ses entrailles
A la manière du vent
Qui saccage
Les portes pourries
D'un château déglingué
Il aurait souhaité
Qu'elle vienne contre lui
Comme une tempête
Qu'on attend
La maison barricadée
La météo enclenchée
Qu'on attend
A coup d'alcools et d'ennuis
03 mai 2017
Le camion à ordures
Ils attendaient
Le camion à ordures
Cette petite grappe de vieux
De loin j'aurais dit
Une flétrissure vivante
Une boule de laine réenroulée
Qui respirait
Avec un chuintement
Et le camion à ordures
Était en retard
Des sacs récalcitrants
Probablement
Dans d'autres coins
Avec d'autres vieux
Essayaient-ils de dire
Mais ils n'arrivaient pas
A saisir cette pensée
Qui longeait l'air
Comme un poisson
Ils ont craché
A tour de rôle
C'était comme un concours
Et ça passait le temps
En attendant
Le camion à ordures
C'était l'antichambre
D'une distraction
Rongeuse
La lumière
File en rats
Grignoter
Ce que l'aube
A volé
A la nuit
La lumière
Rongeuse
Comme
On fouille
Dans le sac à main
D'une vie songeuse
File en rats
Grignoter
Ce que l'aube
A volé
A la nuit
La lumière
Rongeuse
Comme
On fouille
Dans le sac à main
D'une vie songeuse
05 avril 2017
Protocole
Puisqu'il arrive par saccades
Comme une quinte
Puisqu'il repart pour gérer ses glaires
Puisqu'il revient avec une voix rincée
Claire comme l'autre rive après la pluie
A laisser entrevoir le stentor d'autrefois
Puisqu'il vient comme il toussaille
Nous nous sommes réunis
Bien compacts
En rang par deux
Le doigt sur la couture
Au portail de la propriété
Nous portions
En étendard
Une grosse laine
Et nous avons accueilli
Comme un vieux colonel lourdement décoré
Le printemps
Comme une quinte
Puisqu'il repart pour gérer ses glaires
Puisqu'il revient avec une voix rincée
Claire comme l'autre rive après la pluie
A laisser entrevoir le stentor d'autrefois
Puisqu'il vient comme il toussaille
Nous nous sommes réunis
Bien compacts
En rang par deux
Le doigt sur la couture
Au portail de la propriété
Nous portions
En étendard
Une grosse laine
Et nous avons accueilli
Comme un vieux colonel lourdement décoré
Le printemps
01 mars 2017
Rincer la nuit
Secouer nos bouteilles
Bien fort
Et les montrer au ciel
Comme on l'a fait
Avec nos anciens monstres
En brandissant contre eux
Des sabres d'épicéa
Secouer nos bouteilles
Pour rincer la nuit
Et espérer embarquer
Dans des bulles et de la mousse
Pour la lumière
Au fond du panier des galaxies
Bien fort
Et les montrer au ciel
Comme on l'a fait
Avec nos anciens monstres
En brandissant contre eux
Des sabres d'épicéa
Secouer nos bouteilles
Pour rincer la nuit
Et espérer embarquer
Dans des bulles et de la mousse
Pour la lumière
Au fond du panier des galaxies
28 février 2017
Noyade
Seule tristesse
Parmi la rigueur
Des cailloux
Seul galet
Plat
Cette main
Viendra-t-elle
Saisir
Lancer
Faire ricocher
Loin
Très loin
Enfin
Le plus loin
Possible
Jusqu'à ce que tout coule
Sous son propre poids
Jusqu'à ce que les larmes
Soient hors de portée
Des bouées de sauvetage
Seul galet
Plat
Cette main
Viendra-t-elle
Saisir
Lancer
Faire ricocher
Loin
Très loin
Enfin
Le plus loin
Possible
Jusqu'à ce que tout coule
Sous son propre poids
Jusqu'à ce que les larmes
Soient hors de portée
Des bouées de sauvetage
15 janvier 2017
Les trappeurs
La hutte
Des trappeurs
Fume
La hutte
Des trappeurs
S'agite
La hutte
Des trappeurs
Bouillonne
Ils ont attrapé
Un peu de joie
Ils la lacèrent
Consciencieusement
Ils la dépècent
En lacets
Qu'ils tanneront
Avec application
Ainsi équipés
Ils relanceront
Une partie
Ils s'élanceront
A la poursuite
Du bonheur
Ils l'étrangleront
Avec leurs petits lacets
De joie
Finement tannés
La hutte
Des trappeurs
Frémit
De préparatifs
Des trappeurs
Fume
La hutte
Des trappeurs
S'agite
La hutte
Des trappeurs
Bouillonne
Ils ont attrapé
Un peu de joie
Ils la lacèrent
Consciencieusement
Ils la dépècent
En lacets
Qu'ils tanneront
Avec application
Ainsi équipés
Ils relanceront
Une partie
Ils s'élanceront
A la poursuite
Du bonheur
Ils l'étrangleront
Avec leurs petits lacets
De joie
Finement tannés
La hutte
Des trappeurs
Frémit
De préparatifs
A tout rompre
La lumière
S'est glissée
Entre l'aube
Et le matin
Comme la pelle du boulanger
Va
Farfouille
Tout au fond du four
Retire des parts de réconfort
Tente de mieux les répartir
Viendront alors les travailleurs du jour
Avec leurs grosses mains
Viendront ces ravisseurs
Et leurs voix
Affamées
Féroces
A tout rompre
S'est glissée
Entre l'aube
Et le matin
Comme la pelle du boulanger
Va
Farfouille
Tout au fond du four
Retire des parts de réconfort
Tente de mieux les répartir
Viendront alors les travailleurs du jour
Avec leurs grosses mains
Viendront ces ravisseurs
Et leurs voix
Affamées
Féroces
A tout rompre
Millefeuille
Il y a
Pourtant
Cette même chaleur
Même si la saison
Est en ruine
Il y a
Un peu de mousse
Eparse
Des senteurs
Aux couleurs
Passées
Quelques tas de pierres
Semblent retenir
L'écho
D'anciennes voix
Le bruit sourd et usé
De désirs
Qui avaient annoncé
Leur intention de fuir
Et qui avaient tenu parole
Ensuite
Nos regards
Portés au ciel
Nos regards
Arrêtés par un plancher
Sur lequel de nouvelles danses
D'autres séductions
Diverses trajectoires
S'ébattent
Nos regards
Pris dans ce millefeuille
Au vieux goût de chaleur
Nos regards
Condamnés
A écouter
Pourtant
Cette même chaleur
Même si la saison
Est en ruine
Il y a
Un peu de mousse
Eparse
Des senteurs
Aux couleurs
Passées
Quelques tas de pierres
Semblent retenir
L'écho
D'anciennes voix
Le bruit sourd et usé
De désirs
Qui avaient annoncé
Leur intention de fuir
Et qui avaient tenu parole
Ensuite
Nos regards
Portés au ciel
Nos regards
Arrêtés par un plancher
Sur lequel de nouvelles danses
D'autres séductions
Diverses trajectoires
S'ébattent
Nos regards
Pris dans ce millefeuille
Au vieux goût de chaleur
Nos regards
Condamnés
A écouter
24 décembre 2016
Les baisers chauves
Il l'aimait
Comme on passe
Sa main dans ses cheveux
Il prenait possession
Des territoires hirsutes
En quelques coups de paume
Il avait l'allure au poing
Il redonnait de la décence
Aux fins d'après-midi d'été
Jusqu'à ce que le tempo
De leurs fougues ébouriffées
S'essouffle en baisers chauves
Désormais
Ils se rendent
Chez le coiffeur
Comme on passe
Sa main dans ses cheveux
Il prenait possession
Des territoires hirsutes
En quelques coups de paume
Il avait l'allure au poing
Il redonnait de la décence
Aux fins d'après-midi d'été
Jusqu'à ce que le tempo
De leurs fougues ébouriffées
S'essouffle en baisers chauves
Désormais
Ils se rendent
Chez le coiffeur
Retenir la lumière
Retiens
Comme tu peux
Le jour
Distrais-le
Raconte-lui
A peu près
N'importe quoi
Utilise ses propres ruses
Enfume-le
Sors le matériel pyrotechnique
Avec le faux brouillard
Barre la sortie à la lumière
Pendant que tu gagnes du temps
Ici nous amenons des camions-citernes
Nous déversons du kérosène
Sur des bâtisses en ruine et du bois mort
Nous allons tout faire flamber
Nous nous enivrerons de notre propre jour
Nous boirons notre propre lumière
Nous apercevrons
Dans les braises, dans leurs danses, dans leurs ascensions
Tout ce que le jour nous a pris
Tout ce que nous avons tant aimé
Comme tu peux
Le jour
Distrais-le
Raconte-lui
A peu près
N'importe quoi
Utilise ses propres ruses
Enfume-le
Sors le matériel pyrotechnique
Avec le faux brouillard
Barre la sortie à la lumière
Pendant que tu gagnes du temps
Ici nous amenons des camions-citernes
Nous déversons du kérosène
Sur des bâtisses en ruine et du bois mort
Nous allons tout faire flamber
Nous nous enivrerons de notre propre jour
Nous boirons notre propre lumière
Nous apercevrons
Dans les braises, dans leurs danses, dans leurs ascensions
Tout ce que le jour nous a pris
Tout ce que nous avons tant aimé
29 novembre 2016
Clapotis
C'est la lumière
De nos journées à l'océan
Ramenée à la petite cuillère
Posée au milieu d'une lanterne famélique
Filée au plafond du vieux palais
Sur le bord de l'avenue poissonneuse
C'est une clarté
C'est une proposition qui s'enfuit
Aux trousses de laquelle
Nous avons lancé
Mille chiens insuffisants
C'est par cette lumière
Que nous voulons être inondés
Pauvres galériens
Qui tambourinons
A la porte du palais
Pauvres fous
Qui estimons
Notre équipement adéquat
Pour assiéger
Les surdités assoupies
Des vieux concierges
Pendant que nos guetteurs
Se font abuser par les bruits d'eau
Venus du fond de l'avenue
Par des clapotis
Que des années de guenilles
Au royaume
Gorgé de foule
Où tu n'es pas
Réussissent à déguiser
En houle
De nos journées à l'océan
Ramenée à la petite cuillère
Posée au milieu d'une lanterne famélique
Filée au plafond du vieux palais
Sur le bord de l'avenue poissonneuse
C'est une clarté
C'est une proposition qui s'enfuit
Aux trousses de laquelle
Nous avons lancé
Mille chiens insuffisants
C'est par cette lumière
Que nous voulons être inondés
Pauvres galériens
Qui tambourinons
A la porte du palais
Pauvres fous
Qui estimons
Notre équipement adéquat
Pour assiéger
Les surdités assoupies
Des vieux concierges
Pendant que nos guetteurs
Se font abuser par les bruits d'eau
Venus du fond de l'avenue
Par des clapotis
Que des années de guenilles
Au royaume
Gorgé de foule
Où tu n'es pas
Réussissent à déguiser
En houle
09 octobre 2016
Le projet
Avec des gestes
Avec des mines
Avec des silences
Je racontais
La patience
La persévérance
La minutie
Toutes ces émotions
Muselées
Pour envoyer
Des petits modules
Là-bas
Au fin fond
De l'univers
Qui n'a rien d'une fin
Ni d'un fond
Et je poursuivais
Avec l'attente
L'angoisse
De ne pas savoir
En réalité
Très exactement
Ce qui pouvait
Gripper la manoeuvre
J'argumentais
Sur la fureur de l'espace
Sur cette audacieuse conquête
Et tu me dis
Que tu travaillais
A la même chose
Que tu te penchais
Sur des plans similaires
Tu me dis
Que tu avais le projet
De te pencher sur moi
De m'embrasser
Et de m'emmener
Avec des mines
Avec des silences
Je racontais
La patience
La persévérance
La minutie
Toutes ces émotions
Muselées
Pour envoyer
Des petits modules
Là-bas
Au fin fond
De l'univers
Qui n'a rien d'une fin
Ni d'un fond
Et je poursuivais
Avec l'attente
L'angoisse
De ne pas savoir
En réalité
Très exactement
Ce qui pouvait
Gripper la manoeuvre
J'argumentais
Sur la fureur de l'espace
Sur cette audacieuse conquête
Et tu me dis
Que tu travaillais
A la même chose
Que tu te penchais
Sur des plans similaires
Tu me dis
Que tu avais le projet
De te pencher sur moi
De m'embrasser
Et de m'emmener
Le tilleul et la feuille
Pas vraiment tôt
Pas vraiment tard
Non plus
Dans le jour
Encore en habits de nuit
Le tilleul
En bas de la route à droite
Le sentinelle
De nos allées et venues
Le tilleul
A perdu une feuille
Nous l'avons regardée
Nous avons observé
Sa chute qui dansait
Et nous avons pensé
A sa vie, à son moment
Aux orages
Qu'elle avait subis
Tapie dans l'épais feuillage
A l'agitation de l'été
Qui était venue tapiner au pied
De son tronc
Nous nous sommes souvenus
Des essaims de volatiles
Qui assourdissaient
Les branchages
Qu'ils quittaient
Comme des désespérés
Lâchent un comptoir
Nous nous sommes remémoré
Tout ce raffut
Et nous avons goûté
Le bruit du silence
De cette feuille
Qui s'écrasait
Dans l'humidité
Et pour qui s'ouvrait
Désormais
Le royaume
Des fouisseurs
Pas vraiment tard
Non plus
Dans le jour
Encore en habits de nuit
Le tilleul
En bas de la route à droite
Le sentinelle
De nos allées et venues
Le tilleul
A perdu une feuille
Nous l'avons regardée
Nous avons observé
Sa chute qui dansait
Et nous avons pensé
A sa vie, à son moment
Aux orages
Qu'elle avait subis
Tapie dans l'épais feuillage
A l'agitation de l'été
Qui était venue tapiner au pied
De son tronc
Nous nous sommes souvenus
Des essaims de volatiles
Qui assourdissaient
Les branchages
Qu'ils quittaient
Comme des désespérés
Lâchent un comptoir
Nous nous sommes remémoré
Tout ce raffut
Et nous avons goûté
Le bruit du silence
De cette feuille
Qui s'écrasait
Dans l'humidité
Et pour qui s'ouvrait
Désormais
Le royaume
Des fouisseurs
15 septembre 2016
Le bar
Le bar
Ouvert sur la pluie
Lumineux
Comme des grandes dents
Profond
Comme une bouche
Ouverte jusqu'à la glotte
A ne pas savoir
Au juste
Ce qui en sortira
Ce qui y rentrera
Le bar
Comme une balise
Un battement électrique
Au milieu d'une tempête
D'enrobés bitumineux
Les proies
Le matin
Nous a saisis
Le matin
Nous a volés
A cette nuit
Qui nous appartenait
Il a battu des ailes
Jusqu'à très haut
Et puis il a ouvert ses serres
Et il nous a regardés
Nous écraser
Dans ce qui restait d'aube
Nous décomposer
Dans des odeurs de brutes
14 septembre 2016
12 août 2016
Cavalcade
Nous laissions
Filer notre vie
Comme un chien rapide
Sur la plage déserte
Entre eau, sel et sable
La bête cherchait
A prendre l'océan
De vitesse
Excitée par le sol
Humide et mobile
Qui se dérobait sous ses pattes
Nous laissions
Filer notre vie
Nous la regardions
Disparaître
Dans les embruns
De l'entre-saisons
Il y avait ce frisson
De savoir
Si et quand
Elle réapparaîtrait
Nous laissions
Filer notre vie
Nous la regardions
Revenir
En cavalcade puissante
Et il nous semblait
Qu'elle tenait quelque chose
Dans la gueule
Filer notre vie
Comme un chien rapide
Sur la plage déserte
Entre eau, sel et sable
La bête cherchait
A prendre l'océan
De vitesse
Excitée par le sol
Humide et mobile
Qui se dérobait sous ses pattes
Nous laissions
Filer notre vie
Nous la regardions
Disparaître
Dans les embruns
De l'entre-saisons
Il y avait ce frisson
De savoir
Si et quand
Elle réapparaîtrait
Nous laissions
Filer notre vie
Nous la regardions
Revenir
En cavalcade puissante
Et il nous semblait
Qu'elle tenait quelque chose
Dans la gueule
20 juillet 2016
Disparates
Tu as pris ton regard
De gorille qui termine les mégots
Et tu as troué de cendres
La peau de nos envies
La chaleur de l'été a rendu tout ça
Collant et puant
Et puis c'était fini
Il ne restait plus de nous
Que des traces de suie
Disparates
De gorille qui termine les mégots
Et tu as troué de cendres
La peau de nos envies
La chaleur de l'été a rendu tout ça
Collant et puant
Et puis c'était fini
Il ne restait plus de nous
Que des traces de suie
Disparates
Se précipiter vers le jour
Attendre le jour
Se précipiter vers lui
Et puis
A grandes mains échevelées
Lui faire promettre
De ne plus jamais
Nous abandonner
Et puis
L'entendre rire
A faire peur aux étoiles
Enfin
Après une journée
Dans l'ombre de la lumière
Se soumettre
Aux sommations
De la nuit
Les mains sur la tête
Se précipiter vers lui
Et puis
A grandes mains échevelées
Lui faire promettre
De ne plus jamais
Nous abandonner
Et puis
L'entendre rire
A faire peur aux étoiles
Enfin
Après une journée
Dans l'ombre de la lumière
Se soumettre
Aux sommations
De la nuit
Les mains sur la tête
Les petits territoires
Parce qu'il s'était dérobé
Parce qu'il t'avait mis
En cale sèche
Tu as essayé
De retenir l'océan
Comme on saisit
Un drap
Comme on se dispute
Pour de petits territoires
Promis à devenir
Les rampes de lancement
De nos voyages inaccessibles
T'inquiète
Il reviendra
Il t'emportera
Il noiera tout
Parce qu'il t'avait mis
En cale sèche
Tu as essayé
De retenir l'océan
Comme on saisit
Un drap
Comme on se dispute
Pour de petits territoires
Promis à devenir
Les rampes de lancement
De nos voyages inaccessibles
T'inquiète
Il reviendra
Il t'emportera
Il noiera tout
09 juin 2016
Reprise
J'ai envie
Que la nuit me reprenne
Oui mais la nuit
N'a pas
La tête à ça
Elle ne veut pas
De toi
Elle ne reprend pas
Les occasions manquées
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